Proposition de loi sécurité et rétention administrative
Intitulé officiel : L'ensemble de la proposition de loi visant à renforcer la sécurité, la rétention administrative et la prévention des risques d'attentat (première lecture).
Scrutin du 2026-05-05. Résultat : l'Assemblée nationale a adopté. 345 pour, 177 contre, 13 abstention(s).
Ce que le texte change
Adopté définitivement par l'Assemblée nationale le 16 juin 2026, après accord en commission mixte paritaire (texte voté au Sénat le 15 juin), le texte issu de la proposition de loi déposée par Charles Rodwell (n° 2180) modifie le régime de la rétention administrative des étrangers. Il fait suite à trois censures du Conseil constitutionnel (décision n° 2025-895 DC du 7 août 2025, QPC des 12 septembre et 16 octobre 2025) et s'inscrit dans les suites de l'affaire dite Philippine (meurtre de 2024) et de l'attaque de Mulhouse. Le texte porte la durée maximale de rétention à 210 jours (contre 90 jours) pour les personnes représentant une menace « réelle, actuelle et d'une particulière gravité », avec des plafonds de 360 jours, voire 540 jours en cas de placements répétés. Il encadre aussi le maintien à disposition de la justice et vise les profils condamnés pour des faits graves. En première…
Adopté le 5 mai 2026 : 345 voix pour, 177 contre, 13 abstentions. Sept groupes ont voté pour et quatre ont voté contre.
Les arguments en présence
Pour : Sébastien Lecornu, Premier ministre (Renaissance) : Salue sur le réseau social X, après le vote du 5 mai, un texte qui « renforce notre sécurité et permet de stopper plus vite les individus les plus dangereux ». Il ajoute que « face au terrorisme, la République doit agir plus rapidement » et invoque « une seule priorité : protéger les Français ». la source
Pour : Charles Rodwell, auteur de la proposition de loi (Ensemble pour la République) : Défend l'allongement de la rétention pour un public qu'il décrit comme des personnes sous obligation de quitter le territoire condamnées pour des faits graves d'atteinte à la personne : « même si quelques dizaines de personnes seulement seront concernées chaque année, il est indispensable que nous les retenions plus longtemps en centre de rétention administrative (CRA) avant de les expulser du te… la source
Contre : Collectif d'organisations de professionnels de la santé mentale et d'usagers (dont le SPEP, la FFP, la FNAPSY et l'USP) : Le collectif affirme que la radicalisation n'est pas un trouble psychiatrique et conteste le rapprochement opéré par le texte entre la psychiatrie et la lutte antiterroriste, ainsi que la responsabilité qu'il ferait peser sur les psychiatres. la source
Contre : Céline Hervieu, députée (Socialistes et apparentés) : Explique l'opposition de son groupe : la proposition de loi « propose simplement de durcir un certain nombre d’instruments, qui sont des mesures privatives de liberté, peu importe leur efficacité pour lutter contre le terrorisme, peu importe leur conformité aux exigences de notre État de droit ». Elle juge que le texte « n’est pas à la hauteur des enjeux ». la source
Contre : Ligue des droits de l'Homme (LDH) : Dénonce un texte inutile et liberticide, qui prend pour cibles les personnes étrangères, celles présentant des troubles mentaux et les personnes trans, et qui prévoit une injonction d'expertise psychiatrique avec possibilité d'hospitalisation sans consentement ; rappelle que l'immense majorité des personnes qui présentent des troubles mentaux ne constitue aucun danger. la source
Comment chaque groupe a voté
Groupe
Pour
Contre
Abstention
Non-votant·es
Position dominante
Rassemblement National (RN)
117
0
0
0
Pour
Ensemble pour la République (EPR)
80
0
0
1
Pour
La France insoumise - Nouveau Front Populaire (LFI)
0
67
0
0
Contre
Socialistes et apparentés (SOC)
0
58
0
0
Contre
Droite Républicaine (DR)
44
0
0
0
Pour
Écologiste et Social (EcoS)
0
36
0
0
Contre
Les Démocrates (DEM)
33
0
2
0
Pour
Horizons & Indépendants (HOR)
35
0
0
0
Pour
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires (LIOT)