Proposition de loi visant à rendre systématique l'information du consommateur sur l'origine des denrées alimentaires par le moyen de l'étiquetage

53 % des votant·es ont voté contre. Seuil de 162 voix non atteint. 8 abstentions.
Très serréClivage gauche-droite
Participation 57 %

Le parcours du texte

  1. 16 septembre 2025 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. 30 octobre 2025 1re lecture Assemblée Rejeté

Ce que change ce texte

En clair

Cette proposition de loi, rejetée, voulait rendre obligatoire l’indication du pays d’origine de chaque ingrédient représentant au moins 10 % d’un produit alimentaire transformé ; sa contrariété au droit européen a motivé son rejet.

  • ÉtiquetageRend systématique l’information du consommateur sur le pays d’origine de tout produit agricole, alimentaire ou de la mer, à l’état brut ou transformé (art. 1er).
  • PérimètreÉtend l’obligation aux produits transformés comme aux produits bruts, sans distinction (art. 1er).
  • MielImpose d’indiquer tous les pays d’origine des miels composant un mélange provenant de plusieurs États de l’UE ou de pays tiers (art. 1er).
  • IngrédientsOblige à préciser l’origine de l’ingrédient primaire et de tout ingrédient représentant 10 % ou plus de la composition (art. 1er).
  • SimplificationSupprime le renvoi à une liste de produits concernés fixée par voie réglementaire (art. 1er).
  • BruxellesRetire la condition d’une compatibilité déclarée par la Commission européenne avant application de l’obligation (art. 1er).
  • SanctionCrée une sanction pénale en cas de non-respect des règles d’étiquetage (art. 2, art. L. 451-13-1).
  • PeinesFixe la peine à un an d’emprisonnement et 150 000 euros d’amende (art. 2).
  • Origine FranceAutorise l’usage des symboles d’origine française lorsque les étapes essentielles de transformation ont eu lieu sur le territoire français (art. 3).
  • Code consoModifie les articles L. 412-4 et L. 121-4 du code de la consommation (art. 1er et 3).

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

Rejeté le 30 octobre 2025 : 149 voix pour, 174 contre, 8 abstentions. Trois groupes ont voté pour, six ont voté contre et deux se sont abstenus.

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
71LFI17GDR38EcoS69SOC22LIOT36DEM92EPR34HOR50DR16UDDPLR123RN9NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise - Nouveau Front Populaire0480
Gauche Démocrate et Républicaine020
Écologiste et Social0260
Socialistes et apparentés0460
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires012
Les Démocrates181
Ensemble pour la République0410
Horizons & Indépendants024
Droite Républicaine1600
Union des droites pour la République1200
Rassemblement National11900
Non inscrit101

Les avis, pour et contre

Ce que disent les partisans et les opposants du texte. Chaque position est attribuée et sourcée ; le site ne tranche pas.

Pour le texte, 1
Hélène LaporteRNautrice de la proposition de loi

Présente un texte dont l’objet est « de rendre systématique l’information du consommateur sur l’origine des denrées alimentaires », qu’elle décrit comme « un acte de justice, tout d’abord envers nos agriculteurs qui se battent chaque jour pour maintenir une production française d’excellence ». Les groupes Rassemblement national, Union des droites et Droite Républicaine ont voté pour.

Contre le texte, 1

Oppose au texte le règlement européen Inco, qui « harmonise intégralement l’information du consommateur sur l’origine des denrées alimentaires » : le Conseil d’État a annulé pour ce motif, le 10 mars 2021, le décret de 2016 sur l’origine du lait, un État membre ne pouvant imposer seul une mention obligatoire d’origine sans réunir les deux conditions strictes de l’article 39 du règlement. Il demande pourquoi les auteurs du texte n’ont pas déposé une proposition de résolution européenne appelant à la révision du règlement Inco.

Réserves et nuances, 1
UFC-Que Choisirassociation de consommateurs

Sur le fond, soutient un étiquetage d'origine plus complet, tout en constatant les limites posées par le cadre européen.

lire le passage ↗

Prise de parole

Compte rendu intégral de la séance

Les avis des experts indépendants

Aucune évaluation d'un organisme indépendant (haut conseil, Cour des comptes, instance scientifique...) n'est encore rattachée à ce texte. Le site en ajoute au fil des publications, toujours attribuées et datées.

Vous connaissez une évaluation pertinente, ou vous aimeriez qu'on la cherche en priorité ?
Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 12 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Information sur l’origine des denrées alimentaires par l’étiquetage), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

Mme Hélène Laporte (rapporteure de la commission des affaires économiques)
« L’objet de la proposition de loi que le groupe Rassemblement national vous soumet est clair, limpide et même évident pour quiconque croit en la souveraineté de notre pays : il s’agit de rendre systématique l’information du consommateur sur l’origine des denrées alimentaires. »
M. Serge Papin (ministre des petites et moyennes entreprises, du commerce, de l’artisanat, du tourisme et du pouvoir d’achat)
« Madame la rapporteure, je vous remercie d’avoir cité à deux reprises la loi Egalim 2, car je suis l’auteur du rapport qui en est à l’origine. Je suis très sensible à ces questions puisque, pendant plus de quarante ans, le commerce a été mon quotidien. »
M. Julien Dive (suppléant M. Stéphane Travert, président de la commission des affaires économiques)
« Je m’exprime en qualité de vice-président de la commission des affaires économiques – j’en profite pour excuser notre président Stéphane Travert. La semaine dernière, la commission des affaires économiques a examiné puis adopté le texte que vous lui proposiez, madame la rapporteure. »
M. Patrice Martin RN
« La souveraineté alimentaire n’est pas un slogan : c’est la condition première de l’indépendance d’un pays. Elle se définit comme la capacité d’un État à nourrir sa population avec des produits de qualité, issus de son propre territoire, tout en respectant ses choix économiques, sanitaires et environ… »
M. Jean-Luc Fugit EPR
« …c’est qu’ils siègent, travaillent et proposent des réformes. Au lieu d’agiter des symboles ici, dites donc à vos députés européens de défendre au niveau européen le projet de réforme que vous souhaitez ! »
Mme Sylvie Ferrer LFI
« C’est notamment le cas de l’étude Agrican, menée sur le fondement de questionnaires envoyés depuis 2005 à 180 000 affiliés à la Mutualité sociale agricole (MSA). Les produits phytosanitaires détruisent les corps des agriculteurs et ceux des consommateurs. »
Mme Mélanie Thomin SOC
« Cette proposition de loi illustre une pratique bien connue à laquelle recourt l’extrême droite : reprendre à son compte des idées élaborées par d’autres, en les simplifiant à outrance, pour en faire un coup politique sans lendemain. »
M. Boris Tavernier ECOS
« Mal écrit et hypocrite : voilà comment qualifier votre texte qui prévoit de généraliser l’étiquetage géographique des produits alimentaires. »
M. Thierry Benoit HOR
« Monsieur le ministre, c’est à vous que j’adresserai mes premiers mots. Il y a six ans, en 2019, j’ai eu l’honneur de présider la commission d’enquête sur les négociations commerciales. »
Mme Constance de Pélichy LIOT
« Alors que la souveraineté alimentaire figure officiellement depuis 2022 parmi les missions clés du ministre de l’agriculture, force est de constater qu’elle est aujourd’hui très fragilisée : par l’accord d’association avec le Mercosur ; par les taxes imposées par les États-Unis ; par un flot d’impor… »
M. Frédéric Maillot GDR
« Cette proposition de loi n’est pas nouvelle. Quant à la stratégie qui consiste à reprendre les propositions d’autres groupes pour tenter un petit coup politique, nous l’avons vue venir de très loin. »
M. Pierre-Henri Carbonnel UDDPLR
« Ce texte était attendu depuis longtemps. La présente proposition de loi, de bon sens, vise la transparence : il s’agit de rendre systématique l’information du consommateur sur l’origine des denrées alimentaires. »

Lire le compte rendu intégral de la séance ↗

Le passage en commission

6 amendements examinés en commission, dont 5 adoptés.

Rapporteur·e·s de ce texte

Commission : Commission des affaires économiques

Avant d'arriver dans l'hémicycle, ce texte a été examiné par la commission Affaires économiques. 6 amendements y ont été déposés, dont 5 adoptés (qui ont modifié le texte avant le vote). C'est le texte issu de ces 5 adoptions qui est arrivé en séance, où 35 amendements de plus ont été discutés.

5 adoptés1 tombés

Qui dépose, et qui fait adopter

Deux groupes ont déposé des amendements en commission : DR (2 déposés, 1 adopté) et RN (4 déposés, 4 adoptés).

Où la commission a le plus changé le texte

Pour situer : sur les 221 grands votes de cette législature dont le texte est passé par une commission, la médiane est de 47 amendements et 13 adoptés.

Auditions et travaux en commission 2 réunions, dont 1 audition

Le compte rendu officiel de chaque réunion est accessible.

8 octobre 2025 Affaires économiques Audition - nomination d’un rapporteur -- Nomination de rapporteurs sur la pétition n° 3014 « Non à la loi Duplomb – Pour la santé, la sécurité, l’intelligence collective » en vue de son examen par la commissio Compte rendu ↗
30 octobre 2025 Affaires économiques Examen des amendements (art. 88) Compte rendu ↗

Source : open data de l'Assemblée nationale (amendements + rapports de commission).

Le texte en détails

4 articles · 6 amendements

Les documents officiels de ce texte :

le texte voté (PDF) ↗ sa fiche sur ce site le texte déposé (PDF) ↗ la fiche du texte déposé le rapport de commission n° 1985 ↗

Les 4 articles du texte adopté lors d’une autre lecture, chacun replié : son résumé en une phrase, le vote sur l'article, et les amendements qui y ont été mis aux voix (avec ce qu'ils proposaient). 6 amendements au total.

  • Article 1erart. rejeté Impose l'étiquetage du pays d'origine de tout produit agricole, alimentaire ou de la mer, et de l'origine de l'ingrédient primaire et des ingrédients d'au moins 10 %. 53 com. / 2 séance

    Impose l'étiquetage du pays d'origine de tout produit agricole, alimentaire ou de la mer, et de l'origine de l'ingrédient primaire et des ingrédients d'au moins 10 %.

    5 amendements déposés sur cet article : 3 en commission, dont 2 adoptés, puis 2 en séance.

    lire le texte officiel ↗

    Vote sur l'article : rejeté(149 pour, 162 contre, 4 abstentions).

    Amendements mis aux voix sur cet article (6)

    • n° 2 M. Sitzenstuhl RE rejeté Cet amendement proposait d’ajouter que les règles d’étiquetage issues du droit de l’Union européenne resteraient applicables « sans préjudice » des dispositions du texte, son auteur voulant rappeler ces exigences européennes.
    • n° 1 M. Sitzenstuhl RE rejeté L’obligation d’indiquer l’origine des produits n’aurait pris effet qu’après un feu vert de la Commission européenne, cet amendement supprimant un alinéa pour aligner le texte sur le droit existant, selon son auteur.
    • n° 9 Mme Laporte RN rejeté Cet amendement rédactionnel proposait de remplacer, à l’article premier bis, l’expression « favorable à la répression de l’infraction » par le mot « élevé », sans en changer le sens selon son autrice.
    • n° 10 Mme Laporte RN rejeté Ce sous-amendement voulait remplacer, dans l’article, l’expression « favorable à la répression de l’infraction » par le seul mot « élevé », un changement que son autrice présentait comme purement rédactionnel.
    • n° 3 M. Fugit LAREM adopté Les produits agricoles ou alimentaires importés traités avec des néonicotinoïdes devront désormais le mentionner sur leur étiquetage, cet amendement assortissant ce manquement de sanctions pouvant atteindre six mois d’emprisonnement et 150 000 euros d’amende.
    • n° 25 Mme Lejeune LFI-NFP rejeté Les produits « issus de l’élevage en cages » auraient été ajoutés au champ du dispositif de l’article par ce sous-amendement, qui insérait cette mention après une référence à la consommation.
  • Article 1er bisart. rejeté Impose un étiquetage signalant les aliments importés produits avec des intrants non autorisés dans l'UE ou hors de ses règles de traçabilité, sous peine de prison et d'amende. 10 com. / 1 séance

    Impose un étiquetage signalant les aliments importés produits avec des intrants non autorisés dans l'UE ou hors de ses règles de traçabilité, sous peine de prison et d'amende.

    1 amendement déposé sur cet article : 1 en séance.

    lire le texte officiel ↗

    Vote sur l'article : rejeté(149 pour, 162 contre, 4 abstentions).

    Amendements mis aux voix sur cet article (6)

    • n° 2 M. Sitzenstuhl RE rejeté Cet amendement proposait d’ajouter que les règles d’étiquetage issues du droit de l’Union européenne resteraient applicables « sans préjudice » des dispositions du texte, son auteur voulant rappeler ces exigences européennes.
    • n° 1 M. Sitzenstuhl RE rejeté L’obligation d’indiquer l’origine des produits n’aurait pris effet qu’après un feu vert de la Commission européenne, cet amendement supprimant un alinéa pour aligner le texte sur le droit existant, selon son auteur.
    • n° 9 Mme Laporte RN rejeté Cet amendement rédactionnel proposait de remplacer, à l’article premier bis, l’expression « favorable à la répression de l’infraction » par le mot « élevé », sans en changer le sens selon son autrice.
    • n° 10 Mme Laporte RN rejeté Ce sous-amendement voulait remplacer, dans l’article, l’expression « favorable à la répression de l’infraction » par le seul mot « élevé », un changement que son autrice présentait comme purement rédactionnel.
    • n° 3 M. Fugit LAREM adopté Les produits agricoles ou alimentaires importés traités avec des néonicotinoïdes devront désormais le mentionner sur leur étiquetage, cet amendement assortissant ce manquement de sanctions pouvant atteindre six mois d’emprisonnement et 150 000 euros d’amende.
    • n° 25 Mme Lejeune LFI-NFP rejeté Les produits « issus de l’élevage en cages » auraient été ajoutés au champ du dispositif de l’article par ce sous-amendement, qui insérait cette mention après une référence à la consommation.
  • Article 2art. rejeté Punit de 1 an d'emprisonnement et de 150 000 euros d'amende le non-respect des obligations d'étiquetage de l'origine des produits agricoles, alimentaires et de la mer. 11 com. / 0 séance

    Punit de 1 an d'emprisonnement et de 150 000 euros d'amende le non-respect des obligations d'étiquetage de l'origine des produits agricoles, alimentaires et de la mer.

    1 amendement déposé sur cet article : 1 en commission, dont 1 adopté.

    lire le texte officiel ↗

    Vote sur l'article : rejeté(149 pour, 151 contre, 7 abstentions).

  • Article 3art. rejeté Subordonne l'usage des symboles de la France, pour les aliments aux ingrédients primaires d'origine française difficile à garantir, à la réalisation en France des étapes essentielles de transformation. 11 com. / 0 séance

    Subordonne l'usage des symboles de la France, pour les aliments aux ingrédients primaires d'origine française difficile à garantir, à la réalisation en France des étapes essentielles de transformation.

    1 amendement déposé sur cet article : 1 en commission, dont 1 adopté.

    lire le texte officiel ↗

    Vote sur l'article : rejeté(148 pour, 173 contre, 6 abstentions).

Articles du texte adopté et votes internes : données officielles de l'Assemblée nationale. Les résumés d'articles et de chaque amendement sont rédigés à partir du texte, puis vérifiés.

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue