Proposition de loi visant à mettre fin au devoir conjugal

99 % des votant·es ont voté pour. Seuil de 54 voix franchi. 1 abstention.
Quasi unanimeVote transpartisan
Participation 19 %

Le parcours du texte

  1. 2 décembre 2025 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. 28 janvier 2026 1re lecture Assemblée Adopté
  3. 9 avril 2026 1re lecture Sénat Modifié
  4. à venir Conseil constitutionnel saisine possible
  5. à venir Promulgation

La chaîne est affichée en entier jusqu'à la promulgation ; les étapes encore incertaines sont marquées possibles.

Ce que change ce texte

En clair

Cette proposition de loi met fin au devoir conjugal en précisant, dans le code civil, que la communauté de vie n’oblige pas aux relations sexuelles et que leur seul refus ne fonde pas un divorce.

  • Devoir conjugalL’article 215 du code civil est complété : la communauté de vie entre époux ne crée aucune obligation d’avoir des relations sexuelles. La notion de devoir conjugal, jusque-là déduite de la jurisprudence, disparaît du droit.
  • Divorce pour fauteLe divorce pour faute ne peut plus être fondé sur l’absence ou le refus de relations sexuelles.

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

Adopté le 28 janvier 2026 : 106 voix pour, aucune contre, 1 abstention. Onze groupes ont voté pour.

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
71LFI17GDR38EcoS69SOC22LIOT36DEM91EPR34HOR49DR16UDDPLR122RN11NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise - Nouveau Front Populaire2000
Gauche Démocrate et Républicaine400
Écologiste et Social900
Socialistes et apparentés1700
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires100
Les Démocrates1001
Ensemble pour la République1200
Horizons & Indépendants700
Droite Républicaine800
Union des droites pour la République300
Rassemblement National1500
Non inscrit000

Les avis, pour et contre

Les positions exprimées sur le texte, avec les points de vigilance soulevés. Chaque position est attribuée et sourcée ; le site ne tranche pas.

Pour le texte, 3

Décrit le devoir conjugal comme une « interprétation violente d’une communauté de vie dans le mariage qui serait automatiquement une communauté de lit » et comme « la légalisation de la soumission de la femme ». Présente le texte comme l’affirmation, dans le code civil, que « la communauté de vie du mariage ne peut être le lieu d’obligations sexuelles entre les époux ».

Paul ChristopheHORcorapporteur

Justifie l’intervention du législateur par les « décisions judiciaires fondées explicitement sur le devoir conjugal » et rapporte que « Les magistrats et les avocats nous réclament ce texte afin qu’aucune plaidoirie ne vienne plus remettre en cause le libre consentement ». Résume la modification de l’article 215 du code civil : « la communauté de vie ne crée aucune obligation entre époux d’avoir des relations sexuelles ».

Anne-Cécile Mailfertprésidente de la Fondation des femmes

Voit dans la décision de la Cour européenne et dans le texte une avancée pour la libre disposition de son corps.

lire le passage ↗
Réserves et nuances, 2

Approuve l’objectif du texte mais conteste la rédaction de l’article 1er : « En introduisant dans le code civil une affirmation selon laquelle une obligation n’existe pas, on crée une forme d’obligation négative qui n’a pas de portée normative ». Annonce que le groupe s’oppose à cet article dans sa rédaction actuelle tout en votant l’ensemble : « nous approuvons l’objectif général du texte et nous le voterons ».

Michelle Dayanavocate au barreau de Paris

Estime que le texte aurait une réelle portée symbolique, le consentement rejoignant l'énoncé des obligations du mariage, et une portée pratique : les juges ne pourraient plus, sur le fondement de la communauté de vie inscrite au code civil, sanctionner un époux ou une épouse qui refuse des relations sexuelles. Elle rappelle que le devoir conjugal n'existe pas comme tel dans la loi et n'est pas une notion juridique.

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Prise de parole

Compte rendu intégral de la séance

Les avis des experts indépendants

Aucune évaluation d'un organisme indépendant (haut conseil, Cour des comptes, instance scientifique...) n'est encore rattachée à ce texte. Le site en ajoute au fil des publications, toujours attribuées et datées.

Vous connaissez une évaluation pertinente, ou vous aimeriez qu'on la cherche en priorité ?
Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 11 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Mettre fin au devoir conjugal), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

M. Jiovanny William SOC
« Le devoir conjugal est une notion juridique désuète. Elle évoque une obligation physique dépassée selon laquelle le corps est considéré comme un bien. Dans la société actuelle, où l’individualité et le consentement sont primordiaux, cette idée remet en question nos relations. »
Mme Alix Fruchon NI
« Notre assemblée ne fait pas face aujourd’hui à un simple ajustement juridique. Elle fait face à une réalité violente, longtemps niée, minimisée, contournée : le viol au sein du couple. Depuis 1990, le droit pénal reconnaît le viol conjugal. »
Mme Julie Laernoes ECOS
« Permettez-moi d’abord de rappeler d’où nous venons. Depuis le début de cette législature, notre assemblée a fait progresser de manière décisive les droits des femmes et la reconnaissance que le consentement est un principe fondamental. »
Mme Maud Petit DEM
« Dans notre droit, le mariage repose sur des engagements simples et essentiels : le respect, la fidélité, le secours, l’assistance. Ces engagements ne sont pas des formules figées ; ils traduisent une vision du couple fondée sur la dignité et l’égalité. »
Mme Anne-Cécile Violland HOR
« Permettez-moi tout d’abord de partager mon sentiment de gêne et d’incrédulité de me trouver face à vous ce soir. Nous sommes le 28 janvier 2026 et nous débattons d’un sujet qui ne devrait plus exister. »
Mme Karine Lebon GDR
« Il ne prévaut pas sur le droit inaliénable de chacun à pouvoir disposer librement de son corps. Il n’ouvre aucun droit sur le corps de l’autre. »
M. Olivier Fayssat AD
« Nous débattons ce soir d’un sujet sensible, parfois inconfortable, qui touche à ce qu’il y a de plus intime : le corps, l’engagement, la vie familiale. »
Mme Pascale Bordes RN
« Le texte issu des travaux en commission des lois, et que nous nous apprêtons à adopter ce soir, vise à mettre un terme à toute interprétation du mariage qui ferait naître une obligation sexuelle entre époux. »
Mme Véronique Riotton EPR
« Je remercie les rapporteurs pour les travaux qu’ils ont conduits. Imaginez un instant : vous refusez des rapports sexuels ; votre mari vous harcèle, encore et encore, jusqu’à un point insupportable ; vous trouvez le courage de déposer une main courante et de demander le divorce ; vous pensez que la… »
Mme Aurore Bergé (ministre déléguée chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations)
« Un sur quatre : un homme sur quatre considère, en France, en 2025, qu’une femme doit avoir des relations sexuelles par devoir – un sur quatre au moins, car on peut supposer que cette conviction fait l’objet d’une sous-déclaration. »
Mme Élise Leboucher LFI
« Nous proposons de préciser, à l’article 212 du code civil, que les époux s’engagent à vivre leur union sans aucune forme de violence. Le mariage, loin d’être un simple contrat, reste une institution patriarcale où s’exercent de nombreuses violences. »

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Le passage en commission

10 amendements examinés en commission, dont 1 adopté.

Rapporteur·e·s de ce texte

Commission : Commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l'administration générale de la République

Avant d'arriver dans l'hémicycle, ce texte a été examiné par la commission Lois. 10 amendements y ont été déposés, dont 1 adopté (qui a modifié le texte avant le vote). C'est le texte issu de cette adoption qui est arrivé en séance, où 4 amendements de plus ont été discutés.

1 adoptés4 rejetés3 tombés2 retirés

Qui dépose, et qui fait adopter

  • LFI aucun sur 4 0 %
  • SOC aucun sur 1 0 %
  • LIOT aucun sur 1 0 %
  • HOR 1 sur 1 100 %
  • RN aucun sur 3 0 %
Barre claire : les amendements déposés en commission. Partie pleine : ceux qui ont été adoptés. Le chiffre de droite les rapporte l'un à l'autre. Les groupes suivent l'ordre de l'hémicycle, comme le graphe des votes.

Où la commission a le plus changé le texte

Les articles qui ont vu le plus d'amendements adoptés EN COMMISSION, c'est-à-dire là où le texte a bougé avant même l'hémicycle. Chaque ligne renvoie à son article dans « Le texte en détails », juste en dessous.

Pour situer : sur les 221 grands votes de cette législature dont le texte est passé par une commission, la médiane est de 47 amendements et 13 adoptés.

Auditions et travaux en commission 1 réunion

Le compte rendu officiel de chaque réunion est accessible.

21 janvier 2026 Lois Examen du texte Examen du texte Amendements (art. 88) Amendements (art. 88) Amendements (art. 88) Nomination rapporteur sur la recevabilité de la PPR Nomination rapporteur PPL 2180 Nomination rapporte Compte rendu ↗

Source : open data de l'Assemblée nationale (amendements + rapports de commission).

Le texte en détails

2 articles · 2 amendements

Les documents officiels de ce texte :

le texte voté (PDF) ↗ sa fiche sur ce site le texte déposé (PDF) ↗ la fiche du texte déposé le rapport de commission n° 2360 ↗

Les 2 articles du texte adopté, chacun replié : son résumé en une phrase, le vote sur l'article, et les amendements qui y ont été mis aux voix (avec ce qu'ils proposaient). 2 amendements au total.

  • Article 1ernon mis aux voix Inscrit dans le code civil que la communauté de vie ne crée pour les époux aucune obligation d'avoir des relations sexuelles. 65 com. / 1 séance

    Inscrit dans le code civil que la communauté de vie ne crée pour les époux aucune obligation d'avoir des relations sexuelles.

    6 amendements déposés sur cet article : 5 en commission, dont 1 adopté, puis 1 en séance.

    lire le texte officiel ↗

    Amendements mis aux voix sur cet article (2)

    • n° 3 Mme Leboucher LFI-NUPES rejeté Les époux se seraient engagés mutuellement, à l’article 212 du code civil, à vivre leur union sans aucune forme de violence, un devoir que les députés insoumis placent au même rang que le respect et la fidélité.
    • n° 2 Mme Capdevielle SOC rejeté L’obligation de fidélité entre époux aurait disparu de la liste des devoirs du mariage, ses auteurs estimant que la fidélité relève de la morale de chacun ; l’amendement a été rejeté.
  • Article 2non mis aux voix Interdit de fonder un divorce pour faute sur l'absence ou le refus de relations sexuelles. 21 com. / 1 séance

    Interdit de fonder un divorce pour faute sur l'absence ou le refus de relations sexuelles.

    2 amendements déposés sur cet article : 1 en commission, puis 1 en séance.

    lire le texte officiel ↗

Articles du texte adopté et votes internes : données officielles de l'Assemblée nationale. Les résumés d'articles et de chaque amendement sont rédigés à partir du texte, puis vérifiés.

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue