Proposition de loi visant à réparer les préjudices causés par la transplantation de mineurs de La Réunion en France hexagonale de 1962 à 1984

100 % des votant·es ont voté pour. Seuil de 37 voix franchi.
Quasi unanimeVote transpartisan
Participation 12 %

Le parcours du texte

  1. 1er avril 2025 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. 28 janvier 2026 1re lecture Assemblée Adopté
  3. 16 juin 2026 1re lecture Sénat Modifié

Ce que change ce texte

En clair

Cette proposition de loi ouvre une réparation pour les mineurs réunionnais déplacés vers l’Hexagone entre 1962 et 1984 (Bumidom), sous forme d’allocation versée par un fonds de l’État, avec une commission dédiée.

  • CommissionCrée une commission pour la mémoire des anciens mineurs de La Réunion transplantés en France hexagonale de 1962 à 1984, chargée de veiller à la mise en œuvre des recommandations du rapport d’information et de recherche historique et à une politique de réconciliation entre les anciens mineurs, les associations, les collectivités et l’État. art. 1er
  • CompositionElle compte quinze membres, choisis pour leurs connaissances sur l’histoire de La Réunion et cette politique de transplantation. Au moins quatre sont d’anciens mineurs transplantés : deux résidant en France hexagonale, deux à La Réunion. art. 1er
  • Lieu de mémoireLa commission veille aussi à « la création dans le département de la Creuse d’un lieu de mémoire à vocation culturelle, éducative et de recherche ». art. 1er
  • Journée nationaleInstitue une journée nationale d’hommage aux mineurs de La Réunion transplantés en France hexagonale de 1962 à 1984, fixée au 18 février. art. 2
  • RéparationLes personnes transplantées figurant sur la liste nominative établie par la commission d’information historique, ou leurs descendants si elles sont décédées, peuvent obtenir une allocation forfaitaire versée par un fonds mis en place par l’État. Son montant « est réputé couvrir l’ensemble des préjudices de toute nature subis ». art. 4
  • FiscalitéL’allocation est exonérée d’impôt sur le revenu, par un g ajouté au 4° de l’article 81 du CGI, et exclue de l’assiette de la contribution sociale généralisée, par un 8° ajouté au II de l’article L. 136-1-3 du code de la sécurité sociale. art. 4
  • CalendrierLa réparation entre en vigueur à une date fixée par décret, et au plus tard le 1er janvier 2029. Les demandes doivent être présentées dans un délai qui ne peut être inférieur à trois ans à compter de cette entrée en vigueur. art. 4

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

Adopté le 28 janvier 2026 : 72 voix pour, aucune contre. Onze groupes ont voté pour.

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
71LFI17GDR38EcoS69SOC22LIOT36DEM91EPR34HOR49DR16UDDPLR122RN11NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise - Nouveau Front Populaire1500
Gauche Démocrate et Républicaine500
Écologiste et Social900
Socialistes et apparentés1200
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires100
Les Démocrates700
Ensemble pour la République400
Horizons & Indépendants600
Droite Républicaine400
Union des droites pour la République100
Rassemblement National800
Non inscrit000

Les avis, pour et contre

Les positions exprimées sur le texte, avec les points de vigilance soulevés. Chaque position est attribuée et sourcée ; le site ne tranche pas.

Pour le texte, 2
Karine LebonGDRrapporteure et autrice

Elle soutient que, lorsque la tragédie résulte de décisions publiques, la réparation relève d'une obligation non seulement morale mais politique, et rappelle qu'au début des années 1960 des agents investis d'un pouvoir immense sont venus frapper à la porte des foyers réunionnais les plus fragiles pour leur enlever leurs enfants.

Naïma MoutchouHORministre des Outre-mer

Elle annonce que le gouvernement sera favorable à la proposition de loi, qu'elle présente comme la reconnaissance d'un déracinement et d'un traumatisme, un texte de réparation et, souhaite-t-elle, de réconciliation.

Prise de parole

Compte rendu intégral de la séance

Les avis des experts indépendants

Le Défenseur des droits relève qu'en matière d'assistance éducative, des décisions de justice concernant des enfants sont encore prises sans que le mineur capable de discernement ait été entendu au préalable, alors que la loi le prévoit ; l'institution recommande la désignation systématique d'un avocat pour l'enfant capable de discernement afin de mieux garantir ses droits.

« Le droit des enfants à une justice adaptée », rapport annuel consacré aux droits de l'enfant, novembre 2025

Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 11 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Réparation des préjudices causés par la transplantation de mineurs de La Réunion en France hexagonale de 1962 à 1984), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

Mme Karine Lebon (rapporteure de la commission des affaires sociales)
« Valérie n’est pas Valérie. Sur le papier, dans les registres, tout est mis en œuvre pour lui faire croire le contraire, mais elle ne l’a jamais été. Ce n’est pas elle. Pas vraiment, pas entièrement, pas depuis le début. Cette vérité alternative aura duré bien trop longtemps. »
Mme Naïma Moutchou (ministre des outre-mer)
« La présente proposition de loi n’est pas un texte ordinaire ; elle n’est pas non plus un texte symbolique. C’est un de ces grands textes, qui nous pousse à regarder en face un épisode bien sombre de notre histoire commune. »
M. Perceval Gaillard LFI
« Permettez-moi tout d’abord d’avoir une pensée émue pour des proches concernés par ce sujet, qui, de Saint-Paul, à La Réunion, à Royère-de-Vassivière, se reconnaîtront. Enfin ! »
M. Philippe Naillet SOC
« Ce soir, nous sommes en séance pour rappeler un moment terrible de notre histoire et faire un pas, nous l’espérons tous, sur le chemin de la réparation. »
M. Nicolas Ray DR
« Nous examinons un épisode douloureux de notre histoire : le déplacement contraint des mineurs réunionnais vers la métropole. Il s’agit non de repentance excessive ni de minimisation historique mais, vous l’avez dit, madame la ministre, de mémoire et de réparation justifiée. »
M. Sébastien Peytavie ECOS
« Nous sommes appelés à nous prononcer sur un pan de notre histoire que nous avons longtemps refusé de voir : le rapt, pendant vingt ans, de plus de 2 015 enfants de La Réunion ; un trafic d’enfants planifié, organisé et orchestré par l’État français de 1962 à 1984. »
Mme Perrine Goulet DEM
« Imaginez un instant. Imaginez qu’un jour, on vous arrache à votre famille, qu’on vous promette un avenir meilleur, un séjour provisoire, quelques vacances peut-être. »
M. Paul Christophe HOR
« Entre 1962 et 1984, plus de 2 000 mineurs originaires de La Réunion ont été déplacés vers la France hexagonale. Pris en charge par l’aide sociale à l’enfance, ces enfants ont été envoyés dans des départements métropolitains, principalement ruraux. »
Mme Nicole Sanquer LIOT
« Cette proposition de loi nous rassemble autour d’un devoir qui dépasse les sensibilités politiques : celui de reconnaître et de transmettre l’histoire de milliers d’enfants de La Réunion, arrachés à leur terre entre 1962 et 1984. »
M. Théo Bernhardt RN
« Dans un souci d’efficacité, afin d’achever ce soir l’examen de ce texte et par respect pour les Réunionnais présents dans les tribunes, je serai rapide. »
M. Michel Lauzzana EPR
« Cela a été dit : entre 1962 et 1984, plus de 2 000 enfants réunionnais, souvent orphelins ou en situation de grande vulnérabilité, ont été arrachés à leur territoire dans le cadre d’une politique de transfert vers la France hexagonale, menée notamment par le Bureau pour le développement des migratio… »

Lire le compte rendu intégral de la séance ↗

Le décryptage du créateur du site avis personnel

Une analyse signée du créateur du site, ouvertement engagée : à distinguer des positions et des travaux neutres ci-dessus. Ce n'est pas la position du site.

Le passage en commission

35 amendements examinés en commission, dont 14 adoptés.

Rapporteur·e·s de ce texte

Commission : Commission des affaires sociales

Avant d'arriver dans l'hémicycle, ce texte a été examiné par la commission Affaires sociales. 35 amendements y ont été déposés, dont 14 adoptés (qui ont modifié le texte avant le vote). C'est le texte issu de ces 14 adoptions qui est arrivé en séance, où 11 amendements de plus ont été discutés.

14 adoptés12 tombés1 retirés2 non soutenus6 en cours ou sans suite

Qui dépose, et qui fait adopter

  • LFI aucun sur 7 0 %
  • GDR 14 sur 14 100 %
  • SOC aucun sur 7 0 %
  • LIOT aucun sur 1 0 %
  • DR aucun sur 6 0 %
Barre claire : les amendements déposés en commission. Partie pleine : ceux qui ont été adoptés. Le chiffre de droite les rapporte l'un à l'autre. Les groupes suivent l'ordre de l'hémicycle, comme le graphe des votes.

Où la commission a le plus changé le texte

Pour situer : sur les 221 grands votes de cette législature dont le texte est passé par une commission, la médiane est de 47 amendements et 13 adoptés.

Auditions et travaux en commission 1 réunion

Le compte rendu officiel de chaque réunion est accessible.

20 janvier 2026 Affaires sociales Examen du texte nomination rapporteur PPL 2307 Compte rendu ↗

Source : open data de l'Assemblée nationale (amendements + rapports de commission).

Le texte en détails

5 articles

Les documents officiels de ce texte :

le texte voté (PDF) ↗ sa fiche sur ce site le texte déposé (PDF) ↗ la fiche du texte déposé le rapport de commission n° 2355 ↗

Les 5 articles du texte adopté, chacun replié : son résumé en une phrase, le vote sur l'article, et les amendements qui y ont été mis aux voix (avec ce qu'ils proposaient).

  • Article 1er Crée une commission pour la mémoire des mineurs réunionnais transplantés en France hexagonale de 1962 à 1984, comptant au moins 4 d'entre eux, veillant notamment à la réconciliation. 97 com. / 2 séance

    Crée une commission pour la mémoire des mineurs réunionnais transplantés en France hexagonale de 1962 à 1984, comptant au moins 4 d'entre eux, veillant notamment à la réconciliation.

    9 amendements déposés sur cet article : 7 en commission, dont 1 adopté, puis 2 en séance, dont 1 adopté.

    lire le texte officiel ↗

  • Article 2 Institue une journée nationale d'hommage, fixée au 18 février, aux mineurs de La Réunion transplantés en France hexagonale de 1962 à 1984. 44 com. / 0 séance

    Institue une journée nationale d'hommage, fixée au 18 février, aux mineurs de La Réunion transplantés en France hexagonale de 1962 à 1984.

    4 amendements déposés sur cet article : 4 en commission, dont 2 adoptés.

    lire le texte officiel ↗

  • Article 3supprimé 1111 com. / 0 séance

    Texte de l'article

    (Supprimé)

    11 amendements déposés sur cet article : 11 en commission, dont 1 adopté.

    lire le texte officiel ↗

  • Article 4 Description : Crée pour les mineurs transplantés de La Réunion de 1962 à 1984 une allocation forfaitaire de réparation couvrant tout préjudice, sur fonds d'État : liste, descendants, exonérations, délais. 2113 com. / 8 séance

    Description : Crée pour les mineurs transplantés de La Réunion de 1962 à 1984 une allocation forfaitaire de réparation couvrant tout préjudice, sur fonds d'État : liste, descendants, exonérations, délais.

    21 amendements déposés sur cet article : 13 en commission, dont 10 adoptés, puis 8 en séance, dont 5 adoptés.

    lire le texte officiel ↗

  • Article 5supprimé 10 com. / 1 séance

    Texte de l'article

    (Supprimé)

    1 amendement déposé sur cet article : 1 en séance, dont 1 adopté.

    lire le texte officiel ↗

Articles du texte adopté et votes internes : données officielles de l'Assemblée nationale. Les résumés d'articles et de chaque amendement sont rédigés à partir du texte, puis vérifiés.

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue