Ce que change le texte

  • Revalorise chaque année les bourses et plafonds de ressources.
  • Indexe au minimum sur les prix à la consommation.
  • Verse les bourses en douze mensualités.

Comment chaque groupe a voté

en gris : absent·es ou n'ont pas pris part au vote

Adopté le 11 juin 2026 : 75 voix pour, 1 contre, 15 abstentions. Sept groupes ont voté pour et quatre se sont abstenus.

Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention ; un clic sur le groupe ouvre la liste de ses député·es
GroupeRépartitionPour, contre, abstention
20 pour, 0 contre, 0 abst.
15 pour, 0 contre, 0 abst.
9 pour, 0 contre, 0 abst.
12 pour, 0 contre, 0 abst.
1 pour, 0 contre, 0 abst.
1 pour, 0 contre, 0 abst.
0 pour, 1 contre, 6 abst.
0 pour, 0 contre, 3 abst.
0 pour, 0 contre, 2 abst.
0 pour, 0 contre, 4 abst.
17 pour, 0 contre, 0 abst.
0 pour, 0 contre, 0 abst.

Comprendre les votes

Les avis

Les positions exprimées sur le texte, avec les points de vigilance soulevés. Chaque position est attribuée et sourcée ; le site ne tranche pas.

Pour le texte

3 avis

Résume le texte en deux mesures : « indexer automatiquement les montants des bourses et les plafonds de ressources sur l’inflation », et « annualiser le versement des bourses », c’est-à-dire ajouter deux mensualités en juillet et en août. Elle impute le statu quo à un choix : « Ce qui manque, c’est la volonté politique. » Elle précise que ces mesures ne remplacent pas la réforme d’ensemble défendue par son groupe, un revenu étudiant fixé au minimum au seuil de pauvreté.

Soumya BourouahaGDRauteure et rapporteure de la proposition de loi
Les 2 autres avis

Soutient les deux dispositifs, dont celui de « maintenir les bourses étudiantes tout au long de l’année, car les loyers ne s’arrêtent pas en juillet et les charges ne s’arrêtent pas en août ». Elle chiffre l’ensemble à « 540 millions d’euros par an » et constate : « Il n’y a jamais eu aussi peu de boursiers depuis dix ans, alors qu’il n’y a jamais eu autant de précarité. » Elle y voit un premier pas et non une réforme : « ce sont des rustines ».

Décrit une précarité devenue « une réalité de masse », où « un étudiant sur trois déclare sauter régulièrement des repas, faute de moyens financiers ». Pour elle, « l’indexation des bourses sur l’inflation est indispensable » et l’annualisation l’est tout autant, « car la précarité ne s’arrête pas pendant l’été ». Elle conclut : « Le Parlement doit donc voter pour ce texte. »

Contre le texte

0 avis

Aucun avis contraire au texte n'est relevé dans les sources de cette fiche.

Réserves et nuances

1 réserve

Annonce l’abstention de son groupe. Il dit vouloir « une réforme structurelle des bourses », que ce texte n’est pas à ses yeux : « il ne répond pas de façon structurelle aux dysfonctionnements du système », pour un coût de « près d’un demi-milliard d’euros ». Il renvoie le débat au prochain projet de loi de finances et cite une piste de financement, la suppression de la niche fiscale sur les frais de scolarité. Son amendement demandant un rapport sur le coût de l’entrée dans l’enseignement supérieur est le seul adopté en séance.

Prise de parole

Compte rendu intégral de la séance

Les mesures

  • Nouvel articleUn article L. 821-1-1 est inséré dans le code de l’éducation, après l’article L. 821-1 (art. 1er).
  • BoursesIl y est affirmé que la réduction des inégalités sociales est notamment assurée par les BCS (art. 1er).
  • MontantsLes montants des bourses font l’objet d’une revalorisation annuelle (art. 1er).
  • PlafondsLes plafonds de ressources ouvrant droit aux bourses sont eux aussi revalorisés chaque année (art. 1er).
  • IndexationCette revalorisation ne peut être inférieure à l’évolution des prix à la consommation, hors tabac (art. 1er).
  • IndiceL’évolution retenue est la moyenne des douze derniers indices mensuels publiés par l’INSEE (art. 1er).
Les 8 mesures (2 de plus)
  • VersementLes bourses sont versées sur une base annuelle, en douze mensualités (art. 1er).
  • FinancementLa charge pour l’État est gagée par une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs (art. 2).

Regards extérieurs

Ce qu'en disent des instances indépendantes, citées et datées. Le site rapporte, il ne tranche pas.

Cour des comptes Sujet connexe
Rapport public annuel 2025 (reprenant des estimations du Conseil d'analyse économique) ↗

Toujours dans son rapport public annuel 2025, la Cour des comptes relève qu'une licence générale coûte en moyenne moins de 4 000 euros par étudiant et par an pour un taux de réussite proche de 30 %, quand un DUT coûte près de 10 000 euros pour une réussite d'environ 70 %, et y voit « un sous-investissement dans les licences ». Elle précise toutefois qu'il s'agit d'une corrélation, les publics de ces filières étant différents (le DUT est sélectif).

Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 10 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Réforme des bourses sur critères sociaux et lutte contre la précarité étudiante), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

Mme Soumya Bourouaha (rapporteure de la commission des affaires culturelles et de l’éducation)
« La proposition de loi que je vous présente intervient dans un contexte d’urgence sociale qui doit nous alerter. Depuis plusieurs années désormais, la précarité étudiante est devenue une réalité structurelle, durable et profondément installée dans notre pays. »
M. Philippe Baptiste (ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’espace)
« La lutte contre la précarité étudiante n’est pas une option. Un étudiant précaire, c’est un étudiant pour qui il est difficile de réussir ses études, pour qui l’insertion sociale est plus ardue. »
Mme Elsa Faucillon GDR
« Nous nous souvenons tous des files d’attente d’étudiants devant les distributions alimentaires lors de la crise du covid. Cette précarité et cette pauvreté étudiantes n’ont pas disparu depuis. Le phénomène s’est amplement banalisé, parfois même romantisé. »
M. Olivier Fayssat UDDPLR
« La précarité étudiante est une réalité documentée : près d’un étudiant sur cinq vit sous le seuil de pauvreté et 34 % d’entre eux sautent régulièrement des repas, tandis que 30 % survivent avec moins de 50 euros par mois une fois leur loyer payé. »
Mme Caroline Parmentier RN
« Après dix ans de macronisme, notre jeunesse n’a jamais autant souffert – et elle continue de souffrir. Se loger, se nourrir et se soigner est devenu un combat quotidien pour les étudiants français,… »
M. Charles Sitzenstuhl EPR
« Ce débat est important. Je commencerai sur une note positive en remerciant sincèrement Mme la rapporteure d’avoir déposé cette proposition de loi. Les études sont pour un certain nombre des étudiants – pas pour tous – une période de difficultés financières. »
Mme Marie Mesmeur LFI
« En deux quinquennats, le nombre de personnes de 18 à 24 ans souffrant de dépression a presque doublé. Le coût de la vie des étudiants a augmenté de 25,5 %, tandis que le nombre de boursiers a baissé de 73 000. L’étau se resserre sur les jeunes. »
Mme Fatiha Keloua Hachi SOC
« Aujourd’hui, en France, la précarité étudiante n’est plus un phénomène marginal. Elle est devenue une réalité de masse. Des centaines de milliers d’étudiants peinent à se nourrir, à se loger et à vivre dignement pendant leurs études. »
M. Steevy Gustave ECOS
« Avoir 20 ans en 2026, c’est choisir entre se nourrir ou étudier. Avoir 20 ans en 2026, c’est être étudiant tout en étant salarié. Avoir 20 ans en 2026, c’est se trouver dans une grande précarité. »
M. Erwan Balanant DEM
« Le groupe Les Démocrates considère que la question des bourses est un sujet d’importance. Alors que les revenus augmentent mécaniquement sous l’effet de l’indexation du smic et des salaires sur l’inflation, les plafonds d’accès aux bourses n’évoluent pas au même rythme et de nombreux étudiants perde… »

Lire le compte rendu intégral de la séance ↗

Le passage en commission

0 amendement adopté en commission sur 10 déposés ; 2 réunions de commission. Le détail ›

Rapporteur·e·s de ce texte

Commission : Commission des affaires culturelles et de l'éducation

Avant d'arriver dans l'hémicycle, ce texte a été examiné par la commission Affaires culturelles et éducation. 10 amendements y ont été déposés, aucun n'a été adopté. En séance, 21 amendements ont été discutés sur ce texte.

3 rejetés7 en cours ou sans suite

Qui dépose, et qui fait adopter

4 groupes ont déposé des amendements en commission, et aucun n'a été adopté. Le détail des dépôts est ci-dessous.

La commission n'a adopté aucun amendement : le texte est arrivé en séance tel qu'elle l'avait reçu.

Où la commission a le plus changé le texte

Pour situer : sur les 225 grands votes de cette législature dont le texte est passé par une commission, la médiane est de 47 amendements et 13 adoptés.

Auditions et travaux en commission 2 réunions, dont 1 audition

Le compte rendu officiel de chaque réunion est accessible.

2 juin 2026 Affaires culturelles et éducation Examen du texte Examen du texte Compte rendu ↗
10 juin 2026 Affaires culturelles et éducation Audition Examen du texte Examen du texte Compte rendu ↗

Source : open data de l'Assemblée nationale (amendements + rapports de commission).

Le texte en détails

3 articles, 8 amendements

Les documents officiels de ce texte :

le texte voté (PDF) ↗ sa fiche sur ce site le texte déposé (PDF) ↗ la fiche du texte déposé le rapport de commission n° 2862 ↗

Les 3 articles du texte adopté, chacun replié : son résumé en une phrase, le vote sur l'article, et les amendements qui y ont été mis aux voix (avec ce qu'ils proposaient). 8 amendements au total.

  • Article 1erart. adopté Impose que les bourses étudiantes et leurs plafonds de ressources soient revalorisés chaque année au moins comme l'inflation, et versés en 12 mensualités. 102 com. / 8 séance

    Impose que les bourses étudiantes et leurs plafonds de ressources soient revalorisés chaque année au moins comme l'inflation, et versés en 12 mensualités.

    10 amendements déposés sur cet article : 2 en commission, puis 8 en séance.

    lire le texte officiel ↗

    Vote sur l'article : adopté(68 pour, 11 contre, 7 abstentions).

    Amendements mis aux voix sur cet article (7)

    • n° 10 M. Sitzenstuhl EPR rejeté En matière de lutte contre les inégalités sociales dans les études, cet amendement voulait présenter les bourses sur critères sociaux comme le levier « prioritaire », et non plus comme un moyen parmi d’autres.
    • n° 19 M. Sitzenstuhl EPR rejeté Cet amendement voulait retirer la généralisation du versement annualisé des bourses sur critères sociaux, une mesure que son auteur jugeait trop coûteuse et préférait réserver à certains publics fragiles.
    • n° 20 M. Sitzenstuhl EPR rejeté Le versement annualisé des bourses sur critères sociaux aurait, selon cet amendement, été réservé aux étudiants de médecine, d’odontologie et de pharmacie, dont les stages estivaux empêchent selon son auteur un emploi d’été.
    • n° 21 M. Sitzenstuhl EPR rejeté L’annualisation du versement des bourses sur critères sociaux aurait été renvoyée, avec cet amendement, à des conditions fixées par décret, c’est-à-dire précisées par le pouvoir réglementaire.
    • n° 1 M. Ballard RN rejeté Les bourses de l’enseignement supérieur auraient, avec cet amendement, été attribuées en priorité aux étudiants français ou européens, la référence à la réduction des inégalités sociales étant retirée du code de l’éducation.
    • n° 14 M. Sitzenstuhl EPR adopté Cet amendement demande au Gouvernement un rapport, sous six mois, sur une modulation des bourses étudiantes en faveur des primo-arrivants engagés dans des filières exigeant un investissement matériel important en début d’année.
    • n° 23 M. Sitzenstuhl EPR rejeté Cet amendement demandait au Gouvernement un rapport, sous six mois, sur le versement des bourses étudiantes sur critères sociaux en douze mensualités plutôt que dix, afin d’en évaluer le coût.
  • Article 1er bisart. adopté Impose au Gouvernement un rapport au Parlement sous 6 mois sur une modulation propre aux primo-arrivants dans certaines filières nécessitant un investissement matériel important. 7amendements

    Impose au Gouvernement un rapport au Parlement sous 6 mois sur une modulation propre aux primo-arrivants dans certaines filières nécessitant un investissement matériel important.

    lire le texte officiel ↗

    Vote sur l'article : adopté(68 pour, 11 contre, 7 abstentions).

    Amendements mis aux voix sur cet article (7)

    • n° 10 M. Sitzenstuhl EPR rejeté En matière de lutte contre les inégalités sociales dans les études, cet amendement voulait présenter les bourses sur critères sociaux comme le levier « prioritaire », et non plus comme un moyen parmi d’autres.
    • n° 19 M. Sitzenstuhl EPR rejeté Cet amendement voulait retirer la généralisation du versement annualisé des bourses sur critères sociaux, une mesure que son auteur jugeait trop coûteuse et préférait réserver à certains publics fragiles.
    • n° 20 M. Sitzenstuhl EPR rejeté Le versement annualisé des bourses sur critères sociaux aurait, selon cet amendement, été réservé aux étudiants de médecine, d’odontologie et de pharmacie, dont les stages estivaux empêchent selon son auteur un emploi d’été.
    • n° 21 M. Sitzenstuhl EPR rejeté L’annualisation du versement des bourses sur critères sociaux aurait été renvoyée, avec cet amendement, à des conditions fixées par décret, c’est-à-dire précisées par le pouvoir réglementaire.
    • n° 1 M. Ballard RN rejeté Les bourses de l’enseignement supérieur auraient, avec cet amendement, été attribuées en priorité aux étudiants français ou européens, la référence à la réduction des inégalités sociales étant retirée du code de l’éducation.
    • n° 14 M. Sitzenstuhl EPR adopté Cet amendement demande au Gouvernement un rapport, sous six mois, sur une modulation des bourses étudiantes en faveur des primo-arrivants engagés dans des filières exigeant un investissement matériel important en début d’année.
    • n° 23 M. Sitzenstuhl EPR rejeté Cet amendement demandait au Gouvernement un rapport, sous six mois, sur le versement des bourses étudiantes sur critères sociaux en douze mensualités plutôt que dix, afin d’en évaluer le coût.
  • Article 2art. adopté Compense la charge pour l'État par la création d'une taxe additionnelle à l'accise sur les tabacs. 10 com. / 1 séance

    Compense la charge pour l'État par la création d'une taxe additionnelle à l'accise sur les tabacs.

    1 amendement déposé sur cet article : 1 en séance.

    lire le texte officiel ↗

    Vote sur l'article : adopté(77 pour, 6 contre, 9 abstentions).

    Amendements mis aux voix sur cet article (1)

    • n° 12 M. Sitzenstuhl EPR rejeté Cet amendement proposait de financer la proposition de loi en supprimant la réduction d’impôt dont bénéficient les familles au titre des frais de scolarité de leurs enfants dans le secondaire et le supérieur.

Articles du texte adopté et votes internes : données officielles de l'Assemblée nationale. Les résumés d'articles et de chaque amendement sont rédigés à partir du texte, puis vérifiés.

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue