Ce que change le texte

  • Ouvre à tout mineur le droit à un avocat.
  • Vise l’assistance éducative, sans condition de discernement.
  • Fait prendre l’avocat en charge par l’aide juridictionnelle.

Comment chaque groupe a voté

en gris : absent·es ou n'ont pas pris part au vote

Adopté par 292 voix contre 0.

Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention ; un clic sur le groupe ouvre la liste de ses député·es
GroupeRépartitionPour, contre, abstention
41 pour, 0 contre, 0 abst.
7 pour, 0 contre, 0 abst.
15 pour, 0 contre, 0 abst.
41 pour, 0 contre, 0 abst.
8 pour, 0 contre, 0 abst.
21 pour, 0 contre, 0 abst.
54 pour, 0 contre, 0 abst.
22 pour, 0 contre, 0 abst.
19 pour, 0 contre, 0 abst.
6 pour, 0 contre, 0 abst.
55 pour, 0 contre, 0 abst.
3 pour, 0 contre, 0 abst.

Comprendre les votes

Les avis

Ce que disent les partisans et les opposants du texte, un camp par bande, toujours dans le même ordre. Chaque position est attribuée et sourcée ; le site ne tranche pas.

Pour le texte

4 avis

Présente le texte comme la garantie d’un avocat pour chaque enfant placé : « Il vise à garantir qu’un avocat se tiendra désormais aux côtés de chaque enfant placé, devant le juge des enfants et durant tout son placement ». Dit qu’il « va changer des vies » et renvoie ce constat aux anciens enfants placés, qui n’ont pas pu bénéficier d’un avocat pour défendre leurs droits.

Ayda HadizadehSOCauteure de la proposition de loi
Les 3 autres avis

Estime qu’un très jeune enfant a besoin d’être défendu car il ne peut pas parler, et juge les résultats des expérimentations satisfaisants.

Marie-Do Aeschlimannsénatrice , avocateLes Républicains
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S’oppose à l’amendement sénatorial qui aurait, selon lui, vidé le texte de sa substance en limitant l’assistance à une expérimentation de 18 mois dans 5 juridictions et aux mineurs capables de discernement ; dénonce une insécurité juridique et des disparités territoriales.

Conseil national des barreauxCNB
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Se félicite de l’avancée pour la protection des enfants et souhaite l’assistance garantie à tout le moins lors de la première audience, tout en laissant à l’enfant doté de discernement la possibilité de décider ensuite de la poursuite de cet accompagnement.

Syndicat de la magistrature
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Contre le texte

4 avis

A porté en commission un dispositif restreint, motivé par la crainte d’un allongement des délais et le doute sur la faisabilité pratique dans toutes les juridictions ; relève que les expérimentations (Bourges, Avignon, Nanterre) ont montré des effets vertueux mais aussi d’importantes tensions organisationnelles.

Dany Wattebledrapporteur au Sénat (Les Indépendants - République et Territoires (Sénat
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Les 3 autres avis

Se dit favorable sur le principe à la présence d’un avocat auprès des enfants, mais exprime une préoccupation sur l’organisation du dispositif dans les juridictions.

Dominique VériensénatriceUnion centriste
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Formule des réserves sur le coût, la faisabilité et le risque de ralentissement des délais, sans opposition de principe.

Assemblée des départements de FranceADF
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Distingue deux composantes du coût, évaluées par la Chancellerie ou le travail parlementaire : « Le coût de la montée en charge des juridictions est estimé à environ 100 millions, auquel il faut ajouter celui de l’aide juridictionnelle supplémentaire, soit plus de 200 millions d’euros ». Dit que la réforme « nécessitera des renforts importants en magistrats et en personnels de greffe » et renvoie le vote des crédits aux parlementaires.

Gérald DarmaninEPRministre de la Justice

Prise de parole

Compte rendu intégral de la séance

Les mesures

  • ObjetGarantit à chaque enfant le droit à un avocat dans une mesure d’assistance éducative et de protection de l’enfance.
  • Entrée en vigueurCette mesure s’appliquera à compter du 6 janvier 2027.

Regards extérieurs

Ce qu'en disent des instances indépendantes, citées et datées. Le site rapporte, il ne tranche pas.

Défenseur des droits Sujet connexe
« Le droit des enfants à une justice adaptée », rapport annuel consacré aux droits de l'enfant, novembre 2025 ↗

Le Défenseur des droits relève qu'en matière d'assistance éducative, des décisions de justice concernant des enfants sont encore prises sans que le mineur capable de discernement ait été entendu au préalable, alors que la loi le prévoit ; l'institution recommande la désignation systématique d'un avocat pour l'enfant capable de discernement afin de mieux garantir ses droits.

Cour des comptes Sujet connexe
« La protection de l'enfance », rapport public thématique, novembre 2020 ↗

La Cour des comptes relève que 328 000 enfants bénéficiaient d'une mesure de protection fin 2018, soit une augmentation de 12 % par rapport à 2009, et que le coût de ces mesures s'élevait à 8,4 milliards d'euros en 2018, dont 8 milliards financés par les départements. Elle constate une organisation complexe, un pilotage défaillant à l'échelle nationale et locale, ainsi qu'une application inégale du « projet pour l'enfant », marquée par des ruptures et des délais prolongés dans la prise en charge.

Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 12 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Assurer le droit de chaque enfant à être assisté d’un avocat dans le cadre d’une mesure d’assistance éducative et de protection de l’enfance), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

M. Gérald Darmanin (garde des sceaux, ministre de la justice)
« La promesse est tenue : la proposition de loi visant à assurer le droit de chaque enfant à disposer d’un avocat dans le cadre d’une mesure d’assistance éducative et de protection de l’enfance va, nous l’espérons tous, bientôt être adoptée conforme, afin qu’elle puisse entrer en vigueur le plus tôt p… »
Mme Ayda Hadizadeh (rapporteure de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République)
« Ici, nous votons beaucoup de lois. Certaines viennent modifier des procédures. Elles sont utiles, et certaines sont même urgentes. Et puis il y a des lois qui viennent changer des vies – celles-là sont indispensables. »
Mme Karine Lebon GDR
« La protection de l’enfance traverse aujourd’hui une crise profonde. Et cette crise ne se résume pas à un manque de moyens, même si la question des moyens est cruciale, monsieur le ministre. »
M. Éric Michoux UDDPLR
« En France, aujourd’hui, près de 400 000 enfants et jeunes majeurs font l’objet d’une mesure d’assistance éducative : près de 400 000 vies suspendues à une décision de justice, près de 400 000 enfants que notre République s’est engagée à protéger. »
Mme Marine Hamelet RN
« Nous arrivons au terme d’un parcours dont je voudrais d’abord noter la rareté. Adoptée à l’unanimité dans cet hémicycle, cette proposition de loi nous revient du Sénat confortée. »
Mme Caroline Yadan EPR
« Représentons-nous un instant cet enfant appelé devant le juge des enfants au moment où doivent être évoqués son lieu de vie, ses liens familiaux, parfois sa sécurité. Il comprend que quelque chose d’important se joue, sans toujours trouver les mots pour dire ce qu’il vit, ce qu’il ressent. »
Mme Marianne Maximi LFI
« Imaginez, vous avez une dizaine d’années. Vous vous retrouvez dans le bureau du juge, entouré d’adultes que vous ne connaissez pas, pour la plupart, et qui sont réunis pour décider de votre avenir. »
M. Philippe Gosselin DR
« Merci, madame la rapporteure, de nous réunir pour un texte qui a déjà fait l’unanimité. Je le dis avec précaution compte tenu de la sensibilité du sujet, mais cela fait du bien de sentir que nous convergeons vers un même but. »
M. Arnaud Bonnet ECOS
« Nous avons la possibilité, par ce vote, d’envoyer un signal fort aux enfants ! Ils ne seront plus seuls ! Tout d’abord, je souhaite rappeler le contexte dans lequel nous votons la proposition de loi de ma collègue Ayda Hadizadeh, que je remercie pour sa détermination à faire aboutir ce texte. »
Mme Perrine Goulet DEM
« « Ce matin, un éducateur que je n’ai vu qu’une fois est venu me chercher chez la dame qui s’occupe de moi depuis quelques mois. Celui d’avant était resté deux ans, je crois, et je ne l’avais vu que trois ou quatre fois. Nous sommes partis au tribunal, pour voir le juge. »
Mme Agnès Firmin Le Bodo HOR
« La protection de l’enfance n’est pas une politique publique comme les autres. C’est l’une des plus belles et des plus exigeantes missions que la nation a confiées à l’État. Aujourd’hui, 400 000 enfants sont placés sous sa protection. »
M. Yannick Favennec-Bécot LIOT
« La protection de l’enfance traverse aujourd’hui une épreuve de vérité. Les drames que nous avons connus ces derniers mois, ceux de Louis, de Lyhanna et de bien d’autres, nous rappellent que chaque défaillance, chaque dysfonctionnement et chaque enfant que nos institutions n’ont pas su protéger fragi… »

Lire le compte rendu intégral de la séance ↗

Le passage en commission

14 amendements adoptés en commission sur 51 déposés, 3 articles modifiés ; 2 réunions de commission. Le détail ›

Rapporteur·e·s de ce texte

Commission : Commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l'administration générale de la République

Avant d'arriver dans l'hémicycle, ce texte a été examiné par la commission Lois. 51 amendements y ont été déposés, dont 14 adoptés (qui ont modifié le texte avant le vote). C'est le texte issu de ces 14 adoptions qui est arrivé en séance, où 16 amendements de plus ont été discutés.

14 adoptés6 rejetés19 tombés4 retirés8 en cours ou sans suite

Qui dépose, et qui fait adopter

  • LFI aucun sur 2 0%
  • SOC 5 sur 5 100%
  • DEM 3 sur 3 100%
  • EPR 3 sur 3 100%
  • HOR 3 sur 5 60%
  • DR aucun sur 13 0%
  • RN aucun sur 20 0%
Barre claire : les amendements déposés en commission. Partie pleine : ceux qui ont été adoptés. Le chiffre de droite les rapporte l'un à l'autre. Les groupes suivent l'ordre de l'hémicycle, comme le graphe des votes.

Où la commission a le plus changé le texte

Les articles qui ont vu le plus d'amendements adoptés EN COMMISSION, c'est-à-dire là où le texte a bougé avant même l'hémicycle. Chaque ligne renvoie à son article dans « Le texte en détails », juste en dessous.

Pour situer : sur les 225 grands votes de cette législature dont le texte est passé par une commission, la médiane est de 47 amendements et 13 adoptés.

Auditions et travaux en commission 2 réunions

Le compte rendu officiel de chaque réunion est accessible.

3 décembre 2025 Lois Examen du texte Examen du texte Examen du texte Nomination rapporteur PPL 1165 Nomination rapporteur PPL 1369 Compte rendu ↗
30 juin 2026 Lois Examen du texte Examen du texte Examen du texte Compte rendu ↗

Source : open data de l'Assemblée nationale (amendements + rapports de commission).

Le texte en détails

3 articles, 6 amendements

Les documents officiels de ce texte :

le texte voté (PDF) ↗ sa fiche sur ce site le texte déposé (PDF) ↗ la fiche du texte déposé le rapport de commission n° 2191 ↗le rapport de commission n° 2934 ↗

Les 3 articles du texte adopté, chacun replié : son résumé en une phrase, le vote sur l'article, et les amendements qui y ont été mis aux voix (avec ce qu'ils proposaient). 6 amendements au total.

  • Article 1ernon mis aux voix Donne un avocat à tout enfant en assistance éducative, sans condition de discernement, désigné dès l'ouverture de la procédure et payé intégralement par l'État. 1919 com. / 0 séance

    Donne un avocat à tout enfant en assistance éducative, sans condition de discernement, désigné dès l'ouverture de la procédure et payé intégralement par l'État.

    19 amendements déposés sur cet article : 19 en commission, dont 4 adoptés.

    lire le texte officiel ↗

  • Article 2non mis aux voix Reporte l'entrée en vigueur de cette obligation au 6 janvier 2027. 3623 com. / 13 séance

    Reporte l'entrée en vigueur de cette obligation au 6 janvier 2027.

    36 amendements déposés sur cet article : 23 en commission, dont 9 adoptés, puis 13 en séance, dont 5 adoptés.

    lire le texte officiel ↗

    Amendements mis aux voix sur cet article (5)

    • n° 8 M. Tonussi RN rejeté Le droit du mineur à un avocat en assistance éducative n’aurait pas bénéficié, avec cet amendement, aux personnes dont la minorité n’a pas été jugée vraisemblable ou qui refusent l’examen de détermination de leur âge.
    • n° 10 Mme Josserand rejeté La désignation d’un administrateur ad hoc par le juge des enfants aurait été réservée aux cas où « l’intérêt de l’enfant l’exige », cet amendement cherchant à préciser le motif d’une telle nomination.
    • n° 7 M. Tonussi RN rejeté Deux alinéas plaçant dans le code civil des règles sur l’aide juridictionnelle auraient été retirés de l’article 2 par cet amendement, son auteur préférant conserver l’unité de ce régime dans la loi de 1991.
    • n° 5 M. Moulliere rejeté Un décret en Conseil d’État aurait, selon cet amendement, précisé la répartition des compétences, en matière d’assistance éducative, entre l’administrateur ad hoc et l’avocat représentant l’enfant.
    • n° 6 M. Tonussi RN rejeté Les frais d’avocat d’un mineur engagé dans une procédure d’assistance éducative auraient été intégralement pris en charge par l’État, cet amendement plaçant ce principe dans la loi sur l’aide juridique plutôt que dans le code civil.
  • Article 3non mis aux voix Compense la charge pour l'État par la création d'une taxe additionnelle à l'accise sur les tabacs.

    Compense la charge pour l'État par la création d'une taxe additionnelle à l'accise sur les tabacs.

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Hors article Sous-amendements et votes non rattachés à un article 1vote

Articles du texte adopté et votes internes : données officielles de l'Assemblée nationale. Les résumés d'articles et de chaque amendement sont rédigés à partir du texte, puis vérifiés.

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue