Loi spéciale de finances (article 45 de la LOLF)

89 % des votant·es ont voté pour. Seuil de 249 voix franchi. 62 abstentions.
Quasi unanimeVote transpartisan
Participation 97 %

Le parcours du texte

  1. 22 décembre 2025 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. 23 décembre 2025 1re lecture Assemblée Adopté
  3. 23 décembre 2025 1re lecture Sénat Modifié

Ce que change ce texte

En clair

Cette loi spéciale, faute de budget 2026 adopté à temps, autorise l’État à continuer de percevoir les impôts et à emprunter à titre transitoire, en attendant une loi de finances.

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

Adopté le 23 décembre 2025 : 496 voix pour, aucune contre, 62 abstentions. Dix groupes ont voté pour et un s’est abstenu.

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
71LFI17GDR38EcoS69SOC22LIOT36DEM91EPR34HOR49DR16UDDPLR123RN9NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise - Nouveau Front Populaire0062
Gauche Démocrate et Républicaine1400
Écologiste et Social3600
Socialistes et apparentés6700
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires2200
Les Démocrates3600
Ensemble pour la République9100
Horizons & Indépendants3400
Droite Républicaine4800
Union des droites pour la République1600
Rassemblement National12300
Non inscrit900

Les avis, pour et contre

Les positions exprimées sur le texte, avec les points de vigilance soulevés. Chaque position est attribuée et sourcée ; le site ne tranche pas.

Pour le texte, 3
Roland LescureEPRministre de l'Économie et des Finances

Avertit que la loi spéciale n’ouvre que les crédits minimaux que le gouvernement juge indispensables à la continuité des services publics et n’autorise aucun investissement nouveau : « C’est un texte de jonction, un pansement, et son maintien au-delà de janvier risquerait de fragiliser grandement l’économie française. »

Amélie de MontchalinEPRministre chargée des Comptes publics

Présente le texte comme une solution de continuité et non comme un budget : « C’est un service minimum qui a été pensé dans l’hypothèse d’un processus budgétaire à l’arrêt et qui ne répond ni aux urgences auxquelles est confronté le pays ni aux exigences des Français. » Elle prévient qu’« à ce service minimum correspondent des risques maximaux ».

Philippe JuvinDRrapporteur général du budget

Fixe trois exigences pour la suite des travaux budgétaires : « Trois lignes claires devront guider nos travaux : réduire le déficit, limiter la pression fiscale qui pèse sur les entreprises et les Français et maîtriser la dépense publique. »

Réserves et nuances, 2

Seul groupe à ne pas voter pour : ses 62 membres ayant pris part au vote se sont tous abstenus.

lire le passage ↗

Reproche au gouvernement minoritaire, dont il vient de dire qu’il est encouragé par un président déconnecté, de « poursuivre une politique sanctionnée à plusieurs reprises dans les urnes », et impute l’ampleur du déficit à « un désarmement budgétaire et fiscal qui n’est plus adapté aux nécessités de notre temps ».

Prise de parole

Compte rendu intégral de la séance

Les avis des experts indépendants

Aucune évaluation d'un organisme indépendant (haut conseil, Cour des comptes, instance scientifique...) n'est encore rattachée à ce texte. Le site en ajoute au fil des publications, toujours attribuées et datées.

Vous connaissez une évaluation pertinente, ou vous aimeriez qu'on la cherche en priorité ?
Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 12 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Projet de loi spéciale prévue par l’article 45 de la loi organique du 1 er août 2001 relative aux lois de finances), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

M. Roland Lescure (ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique)
« Le 14 octobre dernier, j’avais l’honneur, avec la ministre de l’action et des comptes publics, de présenter au Conseil des ministres un projet de loi de finances (PLF) pour l’année 2026 ; un peu plus de deux mois plus tard, nous voilà réunis pour examiner ce projet de loi spéciale. »
Mme Amélie de Montchalin (ministre de l’action et des comptes publics)
« La commission mixte paritaire qui a eu lieu vendredi dernier pour débattre du projet de loi de finances pour 2026 ne s’est pas avérée conclusive. »
M. Philippe Juvin (rapporteur général de la commission des finances, de l’économie générale et du contrôle budgétaire)
« Le texte que nous examinons aujourd’hui est un texte d’exception, prévu par notre Constitution pour faire face à une situation qui l’est tout autant. »
M. Éric Coquerel (président de la commission des finances, de l’économie générale et du contrôle budgétaire)
« Chers collègues, comment en sommes-nous arrivés là ? Le recours à la loi spéciale est rendu nécessaire par l’échec d’une commission mixte paritaire qui traduit celui de votre gouvernement et de votre budget. »
M. Jean-Paul Mattei DEM
« Je remercie M. le rapporteur général Philippe Juvin pour son engagement dans la discussion. Permettez-moi d’exprimer mon regret quant à l’issue de la CMP. »
Mme Félicie Gérard HOR
« Le projet de loi spéciale que nous examinons n’est pas un texte comme les autres. Il est la conséquence directe de l’échec de la CMP sur le projet de loi de finances pour 2026. »
M. Charles de Courson LIOT
« Si, pour la deuxième année consécutive, nous sommes contraints d’examiner une loi spéciale, c’est bien parce que notre pays se trouve dans une situation institutionnelle inédite : l’absence de majorité pour voter une loi de finances. C’est une simple constatation, qui ne se veut pas polémique. »
M. Emmanuel Maurel GDR
« Il faut rassurer les Français qui suivent nos travaux de loin et à qui ne parviennent que des bribes de nos débats chaotiques : non, le recours à loi spéciale n’est pas un drame, même si certains tentent de le faire croire. »
M. Maxime Michelet UDR
« Depuis plusieurs semaines, vous promettez la stabilité, le sérieux et la responsabilité. Or, au matin de Noël, le sapin est là mais il n’y a rien en dessous. Quel mauvais conte de Noël vous racontez aux Français ! »
M. Jean-Philippe Tanguy RN
« Puisque la présidente Marine Le Pen a proclamé la trêve de Noël et que je suis, contrairement aux apparences, un gentil garçon très sage , je m’astreindrai à respecter les belles valeurs qui font notre civilisation chrétienne et française et tenterai de m’en inspirer. »
M. Paul Midy EPR
« Je serai rapide, j’ai juste trois messages simples à vous délivrer. Premier message : il faut donner un budget à la France le plus rapidement possible. Deuxième message : il faut donc adopter cette loi spéciale aujourd’hui et faire aboutir le travail de compromis que nous avons mené. »
M. Philippe Brun SOC
« Nous voici réunis aujourd’hui, en ce 23 décembre, à l’avant-veille de Noël, par la volonté d’un homme. Cet homme n’est pas député, il ne s’est pas présenté devant le suffrage universel depuis longtemps. »

Lire le compte rendu intégral de la séance ↗

Le passage en commission

12 amendements examinés en commission, dont 2 adoptés.

Rapporteur·e·s de ce texte

Commission : Commission des finances, de l'économie générale et du contrôle budgétaire

Avant d'arriver dans l'hémicycle, ce texte a été examiné par la commission Finances. 12 amendements y ont été déposés, dont 2 adoptés (qui ont modifié le texte avant le vote). C'est le texte issu de ces 2 adoptions qui est arrivé en séance, où 19 amendements de plus ont été discutés.

2 adoptés6 rejetés1 tombés3 en cours ou sans suite

Qui dépose, et qui fait adopter

  • LFI 1 sur 5 20 %
  • SOC 1 sur 1 100 %
  • LIOT aucun sur 3 0 %
  • RN aucun sur 3 0 %
Barre claire : les amendements déposés en commission. Partie pleine : ceux qui ont été adoptés. Le chiffre de droite les rapporte l'un à l'autre. Les groupes suivent l'ordre de l'hémicycle, comme le graphe des votes.

Où la commission a le plus changé le texte

Les articles qui ont vu le plus d'amendements adoptés EN COMMISSION, c'est-à-dire là où le texte a bougé avant même l'hémicycle. Chaque ligne renvoie à son article dans « Le texte en détails », juste en dessous.

Pour situer : sur les 221 grands votes de cette législature dont le texte est passé par une commission, la médiane est de 47 amendements et 13 adoptés.

Auditions et travaux en commission 2 réunions, dont 1 audition

Le compte rendu officiel de chaque réunion est accessible.

22 décembre 2025 Finances Audition Audition ministre Compte rendu ↗
23 décembre 2025 Finances Amendements art 88 Compte rendu ↗

Source : open data de l'Assemblée nationale (amendements + rapports de commission).

Le texte en détails

3 articles · 2 amendements

Les documents officiels de ce texte :

le texte voté (PDF) ↗ sa fiche sur ce site le texte déposé (PDF) ↗ la fiche du texte déposé le rapport de commission n° 2271 ↗

Les 3 articles du texte adopté, chacun replié : son résumé en une phrase, le vote sur l'article, et les amendements qui y ont été mis aux voix (avec ce qu'ils proposaient). 2 amendements au total.

  • Article 1erart. adopté Autorise, jusqu'à l'entrée en vigueur de la loi de finances pour 2026, la perception des ressources de l'État et des impositions affectées à d'autres personnes morales. 1amendement

    Autorise, jusqu'à l'entrée en vigueur de la loi de finances pour 2026, la perception des ressources de l'État et des impositions affectées à d'autres personnes morales.

    lire le texte officiel ↗

    Vote sur l'article : adopté(298 pour, 0 contre, 34 abstentions).

    Amendements mis aux voix sur cet article (1)

    • n° 5 M. Jean-Philippe Tanguy RN rejeté Jusqu’à l’entrée en vigueur de la loi de finances pour 2026, la contribution française au budget européen aurait été évaluée à près de 23,1 milliards d’euros, soit selon le Rassemblement national son niveau de 2025.
  • Article 2art. adopté Évalue à 45 milliards d'euros, jusqu'à l'entrée en vigueur de la loi de finances pour 2026, les prélèvements sur les recettes de l'État au profit des collectivités. 31 com. / 2 séance

    Évalue à 45 milliards d'euros, jusqu'à l'entrée en vigueur de la loi de finances pour 2026, les prélèvements sur les recettes de l'État au profit des collectivités.

    3 amendements déposés sur cet article : 1 en commission, dont 1 adopté, puis 2 en séance, dont 2 adoptés.

    lire le texte officiel ↗

    Vote sur l'article : adopté(308 pour, 0 contre, 34 abstentions).

    Amendements mis aux voix sur cet article (1)

    • n° 17 LR adopté Qualifiés de rédactionnels, deux amendements identiques, dont celui de la commission des finances, retirent le mot « qui » et la virgule qui le précède au premier alinéa de l’article 2 du projet de loi spéciale.
  • Article 3art. adopté Autorise le ministre des finances à émettre des emprunts en 2026 pour couvrir les charges de trésorerie ou renforcer les réserves de change. 21 com. / 1 séance

    Autorise le ministre des finances à émettre des emprunts en 2026 pour couvrir les charges de trésorerie ou renforcer les réserves de change.

    2 amendements déposés sur cet article : 1 en commission, puis 1 en séance.

    lire le texte officiel ↗

    Vote sur l'article : adopté(315 pour, 1 contre, 34 abstentions).

Articles du texte adopté et votes internes : données officielles de l'Assemblée nationale. Les résumés d'articles et de chaque amendement sont rédigés à partir du texte, puis vérifiés.

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue