Loi spéciale de finances (article 45 de la LOLF)

88 % des votant·es ont voté pour. Seuil de 241 voix franchi. 63 abstentions.
Quasi unanimeVote transpartisan
Participation 94 %

Le parcours du texte

  1. 11 décembre 2024 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. 16 décembre 2024 1re lecture Assemblée Adopté
  3. 18 décembre 2024 1re lecture Sénat Modifié

Ce que change ce texte

En clair

Cette loi spéciale, prise après la censure du gouvernement Barnier, autorise l’État à continuer de percevoir les impôts et à emprunter à titre transitoire, faute de budget adopté pour 2025.

  • Perception impôtsLe texte autorise l’État à continuer de percevoir les impôts existants jusqu’à l’entrée en vigueur de la loi de finances pour 2025.
  • Emprunt 2025Le ministre des finances est habilité à procéder aux emprunts nécessaires en 2025.
  • Trésorerie socialeLes organismes de sécurité sociale sont habilités à recourir à des ressources non permanentes pour leurs besoins de trésorerie.

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

Adopté le 16 décembre 2024 : 481 voix pour, aucune contre, 63 abstentions. Dix groupes ont voté pour et un s’est abstenu.

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
71LFI17GDR38EcoS66SOC23LIOT36DEM93EPR34HOR47DR16UDR124RN10NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise - Nouveau Front Populaire0063
Gauche Démocrate et Républicaine1400
Écologiste et Social3300
Socialistes et apparentés6400
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires2300
Les Démocrates3500
Ensemble pour la République9200
Horizons & Indépendants3400
Droite Républicaine4500
UDR1000
Rassemblement National12400
Non inscrit700

Les avis, pour et contre

Les positions exprimées sur le texte, avec les points de vigilance soulevés. Chaque position est attribuée et sourcée ; le site ne tranche pas.

Pour le texte, 3
Laurent Saint-Martinministre du Budget, démissionnaire

Il insiste sur le caractère strictement technique du texte, destiné seulement à assurer, à titre exceptionnel et transitoire, la continuité de la vie de la nation, sans préjuger des futurs débats budgétaires : trois articles (perception de l'impôt, emprunt, engagement de certaines dépenses).

lire le passage ↗

Rapporteur général, il appelle à l'adoption : « J’appelle tous les groupes parlementaires à voter ce texte et j’évoquerai pour cela trois points essentiels. » Il juge que « ce projet de loi est incontournable dans la situation politique où nous nous trouvons », la censure du 4 décembre ayant suspendu l'examen du budget.

Antoine Armandministre de l'Économie et des Finances, démissionnaire

Il souligne le caractère exceptionnel et grave de la situation : l'absence de budget aurait des conséquences directes pour les outre-mer, les agriculteurs, les PME, l'investissement et l'emploi.

lire le passage ↗
Réserves et nuances, 1

Président de la commission des finances, il relativise les alertes : « Il est dans l’air du temps de faire peur quant aux conséquences d’une censure qui, je l’ai dit, est elle-même la conséquence d’une instabilité. » Sur la note souveraine, il ajoute : « j’ai toujours plaidé pour ne pas donner trop d’importance à ces notes : quand on passe de AA2 à AA3, cela signifie en réalité qu’on passe d’un 18/20 à un 17/20 ».

Prise de parole

Compte rendu intégral de la séance

Les avis des experts indépendants

France Stratégie ↗ Sujet connexe

Sur la réforme de 2018 (remplacement de l'ISF par l'IFI et « flat tax » sur les revenus du capital), le comité d'évaluation conclut à des effets contrastés : une nette hausse des dividendes versés et un léger renversement de l'exil fiscal (davantage de retours que de départs de contribuables fortunés, mais sur de faibles effectifs), tandis que l'effet sur l'investissement des entreprises, objectif central de la réforme, n'a pas pu être clairement mesuré.

comité d'évaluation des réformes de la fiscalité du capital, rapport 2023

Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 12 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Projet de loi spéciale prévue par l’article 45 de la loi organique du 1 er août 2001 relative aux lois de finances), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

M. Antoine Armand (ministre de l’économie, des finances et de l’industrie)
« Permettez-moi tout d’abord de m’associer aux propos de la présidente de l’Assemblée nationale et d’avoir une pensée pour nos compatriotes de Mayotte, pour toutes les victimes ainsi que pour les forces de secours et de sécurité, pour les services de l’État qui sont pleinement mobilisés et durement af… »
M. Laurent Saint-Martin (ministre du budget et des comptes publics)
« Permettez-moi tout d’abord d’avoir une pensée pour nos compatriotes de Mayotte, en particulier pour les 250 agents des finances publiques et des douanes que nous essayons de joindre. »
M. Charles de Courson (rapporteur général de la commission des finances, de l’économie générale et du contrôle budgétaire)
« Le projet de loi spéciale a été adopté à l’unanimité en commission des finances la semaine dernière. Toutefois, s’agissant d’une loi de finances, nous examinons cet après-midi le texte présenté en Conseil des ministres. »
M. Éric Coquerel (président de la commission des finances, de l’économie générale et du contrôle budgétaire)
« Le projet de loi spéciale soumis aujourd’hui à notre vote ne remplace pas une loi de finances et ne constitue qu’une mesure d’urgence. Par responsabilité républicaine et au nom de la continuité de la vie nationale, je ne m’opposerai pas à ce texte. »
M. Gérault Verny UDDPLR
« Le fait que nous soyons réunis pour examiner le présent projet de loi spéciale constitue d’abord la preuve imparable – contrairement à ce que nous prédisaient certaines Cassandre avant la censure – de ce que les institutions de la V e République sont solides. »
M. Jean-Philippe Tanguy RN
« Madame la présidente, messieurs les ministres démissionnaires, chers collègues, permettez-moi d’abord, au nom du groupe Rassemblement national, d’avoir une pensée pour tous nos compatriotes de Mayotte. Au grand désespoir des corbeaux de malheur de la Macronie et de la droite macronisée,… »
M. David Amiel EPR
« À mon tour, au nom du groupe Ensemble pour la République, j’apporte mes pensées et mon soutien à nos compatriotes de Mayotte, à l’ensemble des victimes et à tous les services publics mobilisés sur place pour leur prêter secours. »
M. Philippe Brun SOC
« Étrange débat que celui d’une assemblée devant se prononcer sur un projet de loi annoncé par le président de la République lui-même et en dépit de nombreuses autres dispositions qui auraient pu produire les mêmes effets que ceux recherchés aujourd’hui, à savoir la continuité budgétaire et le finance… »
Mme Véronique Louwagie DR
« En premier lieu, permettez-moi, au nom des députés de la Droite républicaine, de renouveler notre soutien à la population de Mayotte, avec une pensée pour les forces de sécurité et de secours mobilisées sur place. »
Mme Eva Sas ECOS
« Le groupe Écologiste et social souhaite tout d’abord exprimer tout son soutien aux Mahoraises et aux Mahorais, dont la vie quotidienne et le territoire ont été dévastés par le cyclone Chido , ce qui montre toutes les conséquences terribles que peut subir un territoire vulnérable face au dérèglement… »
Mme Perrine Goulet DEM
« J’aurai tout d’abord, au nom du groupe Démocrates, une pensée pour les victimes du cyclone Chido, à Mayotte, ainsi que pour leurs familles et je salue le courage des secours déployés sur l’île. »
Mme Félicie Gérard HOR
« Quinze jours : voilà le temps qu’il nous reste pour éviter de plonger notre pays dans une crise sans précédent. Voilà l’urgence dans laquelle nous nous trouvons. »

Lire le compte rendu intégral de la séance ↗

Le passage en commission

33 amendements examinés en commission, dont 4 adoptés.

Rapporteur·e·s de ce texte

Commission : Commission des finances, de l'économie générale et du contrôle budgétaire

Avant d'arriver dans l'hémicycle, ce texte a été examiné par la commission Finances. 33 amendements y ont été déposés, dont 4 adoptés (qui ont modifié le texte avant le vote). C'est le texte issu de ces 4 adoptions qui est arrivé en séance, où 37 amendements de plus ont été discutés.

4 adoptés3 rejetés2 retirés24 en cours ou sans suite

Qui dépose, et qui fait adopter

  • LFI 2 sur 2 100 %
  • GDR aucun sur 1 0 %
  • EcoS 1 sur 1 100 %
  • SOC 1 sur 8 13 %
  • LIOT aucun sur 3 0 %
  • EPR aucun sur 1 0 %
  • UDR aucun sur 9 0 %
  • RN aucun sur 8 0 %
Barre claire : les amendements déposés en commission. Partie pleine : ceux qui ont été adoptés. Le chiffre de droite les rapporte l'un à l'autre. Les groupes suivent l'ordre de l'hémicycle, comme le graphe des votes.

Où la commission a le plus changé le texte

Les articles qui ont vu le plus d'amendements adoptés EN COMMISSION, c'est-à-dire là où le texte a bougé avant même l'hémicycle. Chaque ligne renvoie à son article dans « Le texte en détails », juste en dessous.

Pour situer : sur les 221 grands votes de cette législature dont le texte est passé par une commission, la médiane est de 47 amendements et 13 adoptés.

Auditions et travaux en commission 1 réunion

Le compte rendu officiel de chaque réunion est accessible.

16 décembre 2024 Finances Examen du texte Compte rendu ↗

Source : open data de l'Assemblée nationale (amendements + rapports de commission).

Le texte en détails

4 articles · 3 amendements

Les documents officiels de ce texte :

le texte voté (PDF) ↗ sa fiche sur ce site le texte déposé (PDF) ↗ la fiche du texte déposé le rapport de commission n° 719 ↗

Les 4 articles du texte adopté, chacun replié : son résumé en une phrase, le vote sur l'article, et les amendements qui y ont été mis aux voix (avec ce qu'ils proposaient). 3 amendements au total.

  • Article 1ernon mis aux voix Autorise, jusqu'à l'entrée en vigueur de la loi de finances pour 2025, la perception des ressources de l'État et des impositions affectées à d'autres personnes morales. 21 com. / 1 séance

    Autorise, jusqu'à l'entrée en vigueur de la loi de finances pour 2025, la perception des ressources de l'État et des impositions affectées à d'autres personnes morales.

    2 amendements déposés sur cet article : 1 en commission, puis 1 en séance.

    lire le texte officiel ↗

    Amendements mis aux voix sur cet article (3)

    • n° 6 M. Jean-Philippe Tanguy RN rejeté En attendant la loi de finances pour 2025, cet amendement proposait de fixer la contribution de la France au budget de l’Union européenne à environ 21,6 milliards d’euros, soit son niveau de 2024.
    • n° 19 M. Philippe Brun SOC-A rejeté La contribution de la France au budget de l’Union européenne, soit 23,1 milliards d’euros pour 2025, aurait été inscrite explicitement dans la loi spéciale, afin de la sécuriser selon ses auteurs socialistes.
    • n° 29 M. Delautrette SOC adopté Jusqu’à l’entrée en vigueur du budget 2025, cet amendement inscrit dans le texte le montant des prélèvements sur recettes de l’État versés aux collectivités territoriales, près de 45 milliards d’euros, pour sécuriser leurs ressources selon ses auteurs.
  • Article 1er bisnon mis aux voix Évalue à 45 057 825 520 euros les prélèvements sur les recettes de l'État au profit des collectivités territoriales jusqu'à la loi de finances initiale pour 2025. 3amendements

    Évalue à 45 057 825 520 euros les prélèvements sur les recettes de l'État au profit des collectivités territoriales jusqu'à la loi de finances initiale pour 2025.

    lire le texte officiel ↗

    Amendements mis aux voix sur cet article (3)

    • n° 6 M. Jean-Philippe Tanguy RN rejeté En attendant la loi de finances pour 2025, cet amendement proposait de fixer la contribution de la France au budget de l’Union européenne à environ 21,6 milliards d’euros, soit son niveau de 2024.
    • n° 19 M. Philippe Brun SOC-A rejeté La contribution de la France au budget de l’Union européenne, soit 23,1 milliards d’euros pour 2025, aurait été inscrite explicitement dans la loi spéciale, afin de la sécuriser selon ses auteurs socialistes.
    • n° 29 M. Delautrette SOC adopté Jusqu’à l’entrée en vigueur du budget 2025, cet amendement inscrit dans le texte le montant des prélèvements sur recettes de l’État versés aux collectivités territoriales, près de 45 milliards d’euros, pour sécuriser leurs ressources selon ses auteurs.
  • Article 2art. adopté Autorise le ministre chargé des finances à emprunter en 2025, jusqu'à l'entrée en vigueur de la loi de finances, pour couvrir les charges de trésorerie de l'État. 31 com. / 2 séance

    Autorise le ministre chargé des finances à emprunter en 2025, jusqu'à l'entrée en vigueur de la loi de finances, pour couvrir les charges de trésorerie de l'État.

    3 amendements déposés sur cet article : 1 en commission, puis 2 en séance, dont 1 adopté.

    lire le texte officiel ↗

    Vote sur l'article : adopté(376 pour, 2 contre).

  • Article 3art. adopté Habilite l'Agence centrale des organismes de sécurité sociale et d'autres caisses à recourir en 2025 à des ressources non permanentes pour leurs seuls besoins de trésorerie. 52 com. / 3 séance

    Habilite l'Agence centrale des organismes de sécurité sociale et d'autres caisses à recourir en 2025 à des ressources non permanentes pour leurs seuls besoins de trésorerie.

    5 amendements déposés sur cet article : 2 en commission, puis 3 en séance, dont 1 adopté.

    lire le texte officiel ↗

    Vote sur l'article : adopté(374 pour, 1 contre).

Articles du texte adopté et votes internes : données officielles de l'Assemblée nationale. Les résumés d'articles et de chaque amendement sont rédigés à partir du texte, puis vérifiés.

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue