Projet de loi relatif à la restitution de biens culturels provenant d’États qui, du fait d’une appropriation illicite, en ont été privés
Intitulé officiel : L'ensemble du projet de loi relatif à la restitution de biens culturels provenant d’États qui, du fait d’une appropriation illicite, en ont été privés (première lecture).
Scrutin du 2026-04-13. Résultat : l'Assemblée nationale a adopté. 170 pour, 0 contre, 1 abstention(s).
Ce que le texte change
La loi (n° 2026-351, promulguée le 9 mai 2026) crée un régime dérogatoire permettant à la France de restituer des biens culturels. La demande passe par un comité scientifique bilatéral, puis par la commission nationale des restitutions, avant un décret en Conseil d'État ; elle est bornée à la période 1815-1972, assortie d'exclusions, et donne lieu à un rapport annuel au Gouvernement. Pour les biens issus de dons ou de legs, le texte ne retient pas un consentement exprès du donateur : il prévoit une notification (acte extrajudiciaire et publicité légale) suivie d'un délai de six mois au terme duquel le silence vaut consentement présumé. La loi s'applique aussi aux demandes en cours d'examen à sa publication. En commission mixte paritaire, plusieurs dispositions votées par l'Assemblée ont été supprimées : la condition de conservation et d'accessibilité publique, le droit de veto parlement…
Adopté le 13 avril 2026 : 170 voix pour, aucune contre, 1 abstention. Onze groupes ont voté pour.
Les arguments en présence
Pour : Catherine Pégard, ministre de la Culture (sans étiquette) : Présente le texte comme la suite de restitutions que l’Assemblée a déjà votées : « des restitutions ont déjà eu lieu, avec le plein assentiment de la représentation nationale ». Après la loi sur le tambour Djidji Ayôkwê et celles qui l’ont précédée, elle y voit « une architecture cohérente pour répondre aux demandes de restitution qui nous sont adressées », et rappelle que le projet n’ouvre au go… la source
Pour : Frantz Gumbs, rapporteur à l’Assemblée (Les Démocrates) : Défend une procédure d’instruction unique, qu’il présente comme une égalité de traitement entre États demandeurs : « les mêmes critères s’appliqueront à toutes les demandes reçues ; c’en sera fini du fait du prince ». Les critères qu’il décrit reposent d’abord sur un bornage temporel, « allant du 20 novembre 1815 au 23 avril 1972 », dont il reconnaît qu’il est lui-même un sujet de débat dans l’hé… la source
Pour : Karim Ben Cheikh, député (Écologiste et Social) : Oppose à l’amendement n° 8 l’existence de musées récents dans les pays demandeurs, citant Abomey au Bénin, Abidjan, Conakry, le musée des Civilisations noires de Dakar et celui du Continent à Rabat. Il invite à s’y rendre « plutôt que de les regarder de haut et de leur dire qu’ils n’ont pas la capacité de reprendre leurs œuvres », et demande que l’Assemblée revienne sur l’adoption de cet amendeme… la source
Pour : Fatiha Keloua Hachi, députée (Socialistes et apparentés) : Retourne l’argument des conditions de conservation en citant le tambour parleur Djidji Ayôkwê, spolié par la France puis abandonné des années dans le jardin du gouverneur français : « Laissé à tous les vents, mangé par les mites, il s’était considérablement détérioré ». Elle relève qu’une restauration complète a été nécessaire, en France, avant sa restitution à la Côte d’Ivoire. la source
Comment chaque groupe a voté
Groupe
Pour
Contre
Abstention
Non-votant·es
Position dominante
Rassemblement National (RN)
60
0
0
0
Pour
Ensemble pour la République (EPR)
28
0
0
1
Pour
La France insoumise - Nouveau Front Populaire (LFI)
14
0
0
0
Pour
Socialistes et apparentés (SOC)
26
0
0
0
Pour
Droite Républicaine (DR)
11
0
0
0
Pour
Écologiste et Social (EcoS)
7
0
0
0
Pour
Les Démocrates (DEM)
9
0
0
0
Pour
Horizons & Indépendants (HOR)
7
0
0
0
Pour
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires (LIOT)