Proposition de loi visant à reconnaître la responsabilité de l'État et à indemniser les victimes du chlordécone

55 % des votant·es ont voté pour. Seuil de 51 voix franchi. 80 abstentions.
Quasi unanime
Participation 31 %

Le parcours du texte

  1. 16 janvier 2024 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. 29 février 2024 1re lecture Assemblée Adopté
  3. 12 juin 2025 1re lecture Sénat Modifié

Ce que change ce texte

Le texte vise à reconnaître la responsabilité de l'État et à indemniser les victimes du chlordécone. Il s'agit d'une proposition de loi en première lecture.

  • ResponsabilitéFait reconnaître par la République sa responsabilité dans les préjudices sanitaires, moraux, écologiques et économiques subis par la Guadeloupe, la Martinique et leurs populations du fait de l'autorisation du chlordécone et de son usage prolongé comme insecticide agricole. art. 1er
  • DépollutionLui assigne pour objectif la dépollution des terres et des eaux contaminées et érige en priorité nationale la recherche sur les effets sanitaires et environnementaux de la molécule. art. 1er
  • État des solsDemande au Gouvernement, au plus tard le 1er janvier 2025, un rapport sur la présence de chlordécone dans les sols du territoire national, notamment les zones productrices de pommes de terre et les zones agricoles de La Réunion. art. 1er bis
  • GageGage la charge sur une taxe additionnelle de 15 % sur les bénéfices des sociétés de produits phytosanitaires réalisant plus de 250 millions d'euros de chiffre d'affaires. art. 2

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

Adopté le 29 février 2024 : 100 voix pour, 1 contre, 80 abstentions. Cinq groupes ont voté pour et cinq se sont abstenus.

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
75LFI22GDR22EcoS31SOC22LIOT50DEM169RE30HOR62LR88RN6NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise - Nouvelle Union Populaire écologique et sociale3500
Gauche démocrate et républicaine - NUPES1000
Écologiste - NUPES1400
Socialistes et apparentés (membre de l’intergroupe NUPES)3100
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires500
Démocrate (MoDem et Indépendants)0114
Renaissance0053
Horizons et apparentés005
Les Républicains001
Rassemblement National407
Non inscrit100
Mises au point de vote 1

Sous son analyse de ce scrutin, l'Assemblée publie une rubrique « Mises au point » où des député·es font consigner la position qu'ils avaient voulu prendre. Elle ne rectifie pas le scrutin : le relevé ci-dessus reste le résultat officiel, et l'Assemblée le publie inchangé dans le même document.

  • Luc Geismar DEM Vote enregistré Contre Position déclarée s'abstenir

Lire la rubrique « Mises au point » sur l'analyse officielle du scrutin ↗

Les avis, pour et contre

Le scrutin portait sur une proposition de loi visant à reconnaître la responsabilité de l'État et à indemniser les victimes du chlordécone, en première lecture. Le texte a été adopté avec 100 voix pour, 1 contre et 80 abstentions. Les groupes LFI-NUPES, SOC, GDR-NUPES, ECOLO et LIOT se sont prononcés en faveur du texte. Les groupes RE, RN, DEM et HOR se sont abstenus. Aucun autre groupe n’a exprimé de position sur ce vote.

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Les avis des experts indépendants

Cour des comptes ↗ Sujet connexe

Lancés en 2008 pour réduire de moitié l'usage des produits phytopharmaceutiques, les plans Écophyto n'ont pas atteint leurs objectifs malgré des fonds publics importants : la réduction visée est restée hors d'atteinte (7,5 % de la surface agricole en bio en 2018 pour une cible de 20 % en 2020, et de l'ordre de 12 % des exploitations engagées dans des démarches économes en intrants). La Cour estime que l'État devrait davantage recourir à ses leviers normatifs et de régulation.

Le bilan des plans Écophyto, 2020

Les lois interdisant de fumer dans les lieux publics réduisent l'exposition au tabagisme passif et, selon la plupart des études recensées, font baisser les hospitalisations pour infarctus et accidents coronariens (ainsi que les AVC) ; les effets sur la santé respiratoire et périnatale sont moins constants.

revue systématique, 77 études dans 21 pays

Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 6 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Responsabilité de l’État et indemnisation des victimes du chlordécone), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

M. Elie Califer (rapporteur de la commission des affaires sociales)
« Le chlordécone est un insecticide de la famille des organophosphorés qui a été utilisé entre 1972 et 1993 dans les bananeraies de Guadeloupe et de Martinique. Cela fait trente ans que ce pesticide a été définitivement interdit sur le territoire national. »
Mme Marie Guévenoux (ministre déléguée chargée des outre-mer)
« Pour pouvoir se projeter dans l’avenir avec confiance, encore faut-il savoir regarder le passé avec lucidité. C’est l’honneur d’une nation et, en tant que responsables politiques, c’est ce que nous devons à nos concitoyens. »
M. Johnny Hajjar SOC
« Le chlordécone, appelé aussi kepone ou curlone, est un insecticide, un polluant et aussi un poison dont la toxicité et la rémanence sont connues depuis 1969. »
M. Paul Christophe HOR
« Je tiens avant tout à saluer votre engagement constant pour la reconnaissance des victimes du chlordécone, monsieur le rapporteur. Je vous remercie d’avoir inscrit cette proposition de loi en troisième position de la journée d’initiative parlementaire du groupe Socialistes et apparentés. »
Mme Sandrine Rousseau ECOS
« « Pendant plus de vingt ans, nos sols de Guadeloupe et de Martinique ont été sciemment empoisonnés – sciemment, car l’impact du chlordécone sur la santé humaine, tout comme sa rémanence, étaient connus des pouvoirs publics. »
M. Marcellin Nadeau GDR
« Nous examinons enfin cette proposition de loi tant attendue par les victimes contaminées par le chlordécone, soit près de 90 % des habitantes et habitants de Martinique et de Guadeloupe – excusez du peu ! »

Le passage en commission

43 amendements examinés en commission, dont 2 adoptés.

Rapporteur·e·s de ce texte

Commission : Commission des affaires sociales

Avant d'arriver dans l'hémicycle, ce texte a été examiné par la commission Affaires sociales. 43 amendements y ont été déposés, dont 2 adoptés (qui ont modifié le texte avant le vote). C'est le texte issu de ces 2 adoptions qui est arrivé en séance, où 42 amendements de plus ont été discutés.

2 adoptés20 rejetés19 retirés2 en cours ou sans suite

Qui dépose, et qui fait adopter

  • LFI aucun sur 9 0 %
  • LFI-NUPES aucun sur 3 0 %
  • GDR-NUPES aucun sur 4 0 %
  • EcoS aucun sur 7 0 %
  • SOC-A 1 sur 2 50 %
  • LIOT aucun sur 1 0 %
  • RE aucun sur 2 0 %
  • RN aucun sur 11 0 %
  • ECOLO 1 sur 4 25 %
Barre claire : les amendements déposés en commission. Partie pleine : ceux qui ont été adoptés. Le chiffre de droite les rapporte l'un à l'autre. Les groupes suivent l'ordre de l'hémicycle, comme le graphe des votes.

Où la commission a le plus changé le texte

Les articles qui ont vu le plus d'amendements adoptés EN COMMISSION, c'est-à-dire là où le texte a bougé avant même l'hémicycle. Chaque ligne renvoie à son article dans « Le texte en détails », juste en dessous.

Pour situer : sur les 211 grands votes de cette législature dont le texte est passé par une commission, la médiane est de 66 amendements et 14 adoptés.

Auditions et travaux en commission 2 réunions

Le compte rendu officiel de chaque réunion est accessible.

19 mai 2026 Affaires sociales Examen du texte Compte rendu ↗
27 mai 2026 Affaires sociales Examen du texte Compte rendu ↗

Source : open data de l'Assemblée nationale (amendements + rapports de commission).

Le texte en détails

3 articles · 6 amendements

Les documents officiels de ce texte :

le texte voté (PDF) ↗ sa fiche sur ce site le texte déposé (PDF) ↗ la fiche du texte déposé le rapport de commission n° 2206 ↗le rapport de commission n° 2837 ↗

Les 3 articles du texte adopté, chacun replié : son résumé en une phrase, le vote sur l'article, et les amendements qui y ont été mis aux voix (avec ce qu'ils proposaient). 6 amendements au total.

  • Article 1erart. adopté Reconnaît la responsabilité de la République dans les préjudices du chlordécone en Guadeloupe et Martinique, lui assigne des objectifs, dont dépollution et indemnisation, avec rapports d'évaluation au Parlement. 6532 com. / 33 séance

    Reconnaît la responsabilité de la République dans les préjudices du chlordécone en Guadeloupe et Martinique, lui assigne des objectifs, dont dépollution et indemnisation, avec rapports d'évaluation au Parlement.

    65 amendements déposés sur cet article : 32 en commission, dont 2 adoptés, puis 33 en séance, dont 12 adoptés.

    lire le texte officiel ↗

    Vote sur l'article : adopté(87 pour, 0 contre, 53 abstentions).

    Amendements mis aux voix sur cet article (6)

    • n° 14 Mme Levavasseur RN rejeté Cet amendement d’appel voulait ajouter les répercussions « sociales » du chlordécone à côté des conséquences sanitaires, économiques et écologiques déjà citées, pour que les autorités n’oublient pas, selon son autrice, l’impact humain de cette contamination aux Antilles.
    • n° 18 Mme Levavasseur RN rejeté Les recherches sur la dépollution des terres et des eaux contaminées par le chlordécone auraient dû être menées en partenariat avec les autorités et organismes locaux, son autrice invoquant la défiance des populations concernées.
    • n° 1 M. Nilor GDR adopté L’indemnisation prévue par le texte est étendue à toutes les victimes du chlordécone, qu’elles aient été exposées ou non dans le cadre professionnel, et non aux seules maladies reconnues comme professionnelles.
    • n° 2 Mme Simonnet LFI-NUPES rejeté Cet amendement du groupe LFI-NUPES voulait préciser que les victimes du chlordécone indemnisables incluaient aussi les personnes exposées ayant depuis quitté la Guadeloupe et la Martinique, notamment celles résidant désormais dans l’Hexagone.
    • n° 22 M. Maillot GDR-NUPES rejeté Aux objectifs de l’article, cet amendement voulait ajouter la prévention de tout autre risque sanitaire touchant des victimes directes ou indirectes, en particulier dans les territoires d’outre-mer, son auteur citant le glyphosate à La Réunion.
    • n° 6 Mme Simonnet LFI-NUPES rejeté Cet amendement réclamait un rapport chiffrant une campagne nationale de prévention et de dépistage de l’exposition à la chlordécone, ainsi que le coût d’une gratuité du test de chlordéconémie sur tout le territoire.
  • Article 1er bisart. adopté Impose au Gouvernement un rapport au Parlement, au plus tard le 1er janvier 2025, sur la présence de chlordécone dans les sols français et sur son commerce. 6amendements

    Impose au Gouvernement un rapport au Parlement, au plus tard le 1er janvier 2025, sur la présence de chlordécone dans les sols français et sur son commerce.

    lire le texte officiel ↗

    Vote sur l'article : adopté(87 pour, 0 contre, 53 abstentions).

    Amendements mis aux voix sur cet article (6)

    • n° 14 Mme Levavasseur RN rejeté Cet amendement d’appel voulait ajouter les répercussions « sociales » du chlordécone à côté des conséquences sanitaires, économiques et écologiques déjà citées, pour que les autorités n’oublient pas, selon son autrice, l’impact humain de cette contamination aux Antilles.
    • n° 18 Mme Levavasseur RN rejeté Les recherches sur la dépollution des terres et des eaux contaminées par le chlordécone auraient dû être menées en partenariat avec les autorités et organismes locaux, son autrice invoquant la défiance des populations concernées.
    • n° 1 M. Nilor GDR adopté L’indemnisation prévue par le texte est étendue à toutes les victimes du chlordécone, qu’elles aient été exposées ou non dans le cadre professionnel, et non aux seules maladies reconnues comme professionnelles.
    • n° 2 Mme Simonnet LFI-NUPES rejeté Cet amendement du groupe LFI-NUPES voulait préciser que les victimes du chlordécone indemnisables incluaient aussi les personnes exposées ayant depuis quitté la Guadeloupe et la Martinique, notamment celles résidant désormais dans l’Hexagone.
    • n° 22 M. Maillot GDR-NUPES rejeté Aux objectifs de l’article, cet amendement voulait ajouter la prévention de tout autre risque sanitaire touchant des victimes directes ou indirectes, en particulier dans les territoires d’outre-mer, son auteur citant le glyphosate à La Réunion.
    • n° 6 Mme Simonnet LFI-NUPES rejeté Cet amendement réclamait un rapport chiffrant une campagne nationale de prévention et de dépistage de l’exposition à la chlordécone, ainsi que le coût d’une gratuité du test de chlordéconémie sur tout le territoire.
  • Article 2non mis aux voix Gage la charge pour l'État sur une taxe de 15 % des bénéfices phytosanitaires des sociétés dépassant 250 millions d'euros de chiffre d'affaires, et sur les tabacs. 54 com. / 1 séance

    Gage la charge pour l'État sur une taxe de 15 % des bénéfices phytosanitaires des sociétés dépassant 250 millions d'euros de chiffre d'affaires, et sur les tabacs.

    5 amendements déposés sur cet article : 4 en commission, puis 1 en séance, dont 1 adopté.

    lire le texte officiel ↗

Articles du texte adopté et votes internes : données officielles de l'Assemblée nationale. Les résumés d'articles et de chaque amendement sont rédigés à partir du texte, puis vérifiés.

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue