Ce que change le texte

Cette loi crée un régime dérogatoire permettant à la France de restituer des biens culturels, pour la période 1815-1972, après avis d’un comité scientifique bilatéral et de la commission nationale des restitutions.

Comment chaque groupe a voté

en gris : absent·es ou n'ont pas pris part au vote

Adopté le 6 mai 2026 : 141 voix pour, aucune contre, 12 abstentions. Neuf groupes ont voté pour et deux se sont abstenus.

Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention ; un clic sur le groupe ouvre la liste de ses député·es
GroupeRépartitionPour, contre, abstention
9 pour, 0 contre, 0 abst.
4 pour, 0 contre, 0 abst.
16 pour, 0 contre, 0 abst.
14 pour, 0 contre, 0 abst.
3 pour, 0 contre, 0 abst.
20 pour, 0 contre, 0 abst.
28 pour, 0 contre, 0 abst.
11 pour, 0 contre, 0 abst.
5 pour, 0 contre, 6 abst.
0 pour, 0 contre, 5 abst.
30 pour, 0 contre, 0 abst.
1 pour, 0 contre, 1 abst.
Mises au point de vote 1

Sous son analyse de ce scrutin, l'Assemblée publie une rubrique « Mises au point » où des député·es font consigner la position qu'ils avaient voulu prendre. Elle ne rectifie pas le scrutin : le relevé ci-dessus reste le résultat officiel, et l'Assemblée le publie inchangé dans le même document.

Une autre mise au point émane de député·es qui ne figurent pas dans le relevé nominatif de ce scrutin : aucun vote n'y est enregistré à leur nom.

Lire la rubrique « Mises au point » sur l'analyse officielle du scrutin ↗

Comprendre les votes

Les avis

Les positions exprimées sur le texte, avec les points de vigilance soulevés. Chaque position est attribuée et sourcée ; le site ne tranche pas.

Pour le texte

5 avis

Présente le texte, en première lecture, comme la suite de restitutions que l’Assemblée a déjà votées : « des restitutions ont déjà eu lieu, avec le plein assentiment de la représentation nationale ». Après la loi sur le tambour Djidji Ayôkwê et celles qui l’ont précédée, elle y voit « une architecture cohérente pour répondre aux demandes de restitution qui nous sont adressées », et rappelle que le projet n’ouvre au gouvernement qu’une faculté, encadrée par des critères et par une procédure.

Catherine Pégardministre de la Culturesans étiquette
Les 4 autres avis

Défend, en première lecture, une procédure d’instruction unique, qu’il présente comme une égalité de traitement entre États demandeurs : « les mêmes critères s’appliqueront à toutes les demandes reçues ; c’en sera fini du fait du prince ». Les critères qu’il décrit reposent d’abord sur un bornage temporel, « allant du 20 novembre 1815 au 23 avril 1972 », dont il reconnaît qu’il est lui-même un sujet de débat dans l’hémicycle.

Frantz GumbsDEMrapporteur à l’Assemblée

Oppose à l’amendement n° 8, en première lecture, l’existence de musées récents dans les pays demandeurs, citant Abomey au Bénin, Abidjan, Conakry, le musée des Civilisations noires de Dakar et celui du Continent à Rabat. Il invite à s’y rendre « plutôt que de les regarder de haut et de leur dire qu’ils n’ont pas la capacité de reprendre leurs œuvres », et demande que l’Assemblée revienne sur l’adoption de cet amendement.

Retourne, en première lecture, l’argument des conditions de conservation en citant le tambour parleur Djidji Ayôkwê, spolié par la France puis abandonné des années dans le jardin du gouverneur français : « Laissé à tous les vents, mangé par les mites, il s’était considérablement détérioré ». Elle relève qu’une restauration complète a été nécessaire, en France, avant sa restitution à la Côte d’Ivoire.

Soutient le texte, en première lecture, mais conditionne son effet aux moyens de le mettre en œuvre : « Il ne se passera cependant pas grand-chose sans un nombre suffisant de fonctionnaires et d’agents du ministère de la culture, des musées et du Quai d’Orsay », chargés selon lui de déterminer quels biens doivent être soumis au comité scientifique et à la commission de restitution.

Contre le texte

0 avis

Aucun avis contraire au texte n'est relevé dans les sources de cette fiche.

Réserves et nuances

5 réserves

Dans son avis, relève qu'il n'existe aucun engagement international souscrit par la France dont découlerait une obligation de restitution ; considère que, pour les dons et legs assortis d'une clause contraire, la renonciation des intéressés ne peut être qu'expresse et ne saurait être présumée dans leur silence (réserve non suivie dans le texte final, qui retient un consentement présumé au terme d'un délai de six mois) ; pointe la solution de continuité de plus de vingt-quatre ans entre le 23 avril 1972 et l'entrée en vigueur de la convention de l'UNESCO à l'égard de la France, le 7 avril 1997 ; et regrette que le Gouvernement n'ait pas fourni d'informations précises sur l'impact du texte.

Conseil d'État
lire le passage ↗
Les 4 autres réserves

Reconnaît une avancée dans le texte de la CMP mais conditionne la restitution à l’état des relations bilatérales : « il nous semble indispensable que l’État auquel nous rendrions un bien culturel puisse témoigner de relations diplomatiques cordiales avec la France ». Elle regrette le rejet de sa demande de publication du rapport scientifique, qui « fait planer une réelle menace d’opacité autour du processus scientifique ».

Annonce le vote du groupe en maintenant « deux réserves sur le texte de la CMP : l’une sur le choix de la borne temporelle, l’autre sur la parité ». Sur la première, « Fixer une borne temporelle unique n’a pas de sens. » Sur la seconde, « une commission scientifique doit garantir une représentation équilibrée des deux parties », ce que la rédaction finale ne retient pas.

Défend, en première lecture, son amendement n° 8 comme « une garantie quant à la mise à disposition universelle des biens que nous restituons après les avoir spoliés, pour éviter leur appropriation personnelle », et en écarte la portée contraignante : « Cet amendement ne prévoit aucune obligation, seulement un engagement formel ».

Estime que le législateur se trouve contraint, sur plusieurs points cruciaux du projet de loi, de travailler avec un niveau d'information très largement insuffisant, et regrette l'insuffisante association du Parlement.

Catherine Morin-Desaillyrapporteure au Sénat (Union Centriste (Sénat
lire le passage ↗

Prise de parole

Compte rendu intégral de la séance

Les mesures

  • Sortie du domaine publicCrée une dérogation au principe d’inaliénabilité des collections publiques : un bien culturel peut en sortir, par décret en Conseil d’État, à seule fin d’être restitué à un État qui le demande, le cas échéant au nom d’un groupe humain présent sur son territoire. La propriété est transférée à l’État demandeur, quel qu’ait été le propriétaire initial.
  • ConditionsLa restitution suppose un bien provenant du territoire actuel de l’État demandeur et acquis, entre le 20 novembre 1815 et le 23 avril 1972, par vol, pillage, ou cession obtenue par contrainte ou consentie par qui ne pouvait en disposer. Des « indices sérieux, précis et concordants » suffisent à le présumer.
  • ExclusionsSont écartés les biens couverts par un accord international antérieur, les biens archéologiques issus d’un partage de fouilles ou d’un échange à fins scientifiques, et les biens saisis par les forces armées qui contribuaient aux activités militaires. Le texte s’applique en revanche aux restes humains transformés et aux biens contenant des éléments du corps humain.
  • Comité scientifiqueChaque demande est instruite par un comité scientifique constitué avec l’État demandeur, représentant les deux pays de façon équilibrée. Son rapport va au Gouvernement, aux commissions culture et affaires étrangères des deux chambres et à l’État demandeur, et devient public avec l’accord de ce dernier.
  • Commission nationaleCrée une commission nationale de restitution de biens culturels, formation spécialisée du Haut Conseil des musées de France, qui rend un avis public et motivé. Elle réunit deux députés et deux sénateurs, l’État, les collectivités, les personnels des musées, un membre du Conseil d’État qui la préside, un magistrat de la Cour de cassation et des spécialistes d’histoire, d’archéologie, d’ethnologie et de droit du patrimoine.
  • Dons et legsLes biens entrés par don ou legs peuvent être restitués, sauf clause contraire de la libéralité. En présence d’une telle clause, l’intention de restitution est notifiée aux donateurs ou à leurs ayants droit et publiée ; sans réponse au bout de six mois, la sortie du domaine public peut être prononcée.
Les 9 mesures (3 de plus)
  • Deux demandes concurrentesLorsqu’un même bien est revendiqué par deux États, c’est un règlement diplomatique entre eux qui détermine la demande examinée.
  • Devant le ParlementLe Gouvernement informe les commissions compétentes de toute demande dans le mois de sa réception, et remet chaque année un rapport recensant les demandes, les décisions de sortie du domaine public, les restitutions intervenues et celles qui n’ont pas abouti.
  • ProvenanceLes musées de France doivent désormais établir et faire connaître le parcours des œuvres de leurs collections. Le Gouvernement favorise par ailleurs une coopération culturelle, scientifique et muséographique renforcée avec les États demandeurs, avant ou après la restitution.

Regards extérieurs

Ce qu'en disent des instances indépendantes, citées et datées. Le site rapporte, il ne tranche pas.

Aucune évaluation d'un organisme indépendant (haut conseil, Cour des comptes, instance scientifique...) n'est encore rattachée à ce texte. Le site en ajoute au fil des publications, toujours attribuées et datées.

Vous connaissez une évaluation pertinente, ou vous aimeriez qu'on la cherche en priorité ?
Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 11 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Restitution de biens culturels), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

M. Frantz Gumbs (rapporteur de la commission mixte paritaire)
« Cette séance marque l’aboutissement d’un travail législatif minutieux entrepris de longue date. Depuis près de vingt-cinq ans, le Parlement se prononce sur la restitution de biens culturels et de restes humains. »
Mme Catherine Pégard (ministre de la culture)
« Les deux assemblées, réunies en commission mixte paritaire, se sont accordées le 30 avril dernier sur le texte du projet de loi relatif à la restitution de biens culturels provenant d’États qui, du fait d’une appropriation illicite, en ont été privés. L’instant est historique. »
M. Alexandre Portier (vice-président de la commission mixte paritaire)
« Il est des textes dont la portée dépasse leur seule construction juridique. Celui qui nous réunit aujourd’hui touche à l’essentiel : à notre rapport à l’histoire, à la valeur que nous attachons à la transmission, à l’idée que nous nous faisons de la place de la France dans le monde. »
Mme Florence Joubert RN
« Notre groupe l’a reconnu tout au long du débat parlementaire, cette loi-cadre a une vertu essentielle : simplifier les procédures de restitution et les rendre davantage fondées scientifiquement. »
M. Aurélien Taché LFI
« Nous sommes réunis cet après-midi pour adopter de manière définitive la loi-cadre visant à permettre la restitution des biens culturels ayant été spoliés pendant la colonisation. Plus de soixante ans après les indépendances, c’est une avancée considérable dans la décolonisation des esprits. »
M. Pierre Pribetich SOC
« Au carrefour de notre patrimoine, de nos relations diplomatiques mais aussi de notre propre rapport à l’histoire, la restitution des biens culturels aux États qui en ont été privés du fait de leur spoliation nous engage collectivement. »
M. Jean-Claude Raux ECOS
« Nous arrivons au terme du parcours législatif de ce projet de loi relatif à la restitution des biens culturels. Ce texte était attendu depuis bientôt dix ans. »
M. Jérémie Patrier-Leitus HOR
« Si le patrimoine a une vocation universelle, nous savons tous qu’il est aussi un élément essentiel de la construction des nations. C’est le sens de ce projet de loi, qui dote la France d’un cadre juridique général permettant de restituer des biens culturels illicitement acquis. »
M. Jean Bodart LIOT
« Nous nous prononçons aujourd’hui sur les conclusions de la CMP sur le projet de loi relatif à la restitution de bien culturels provenant d’États qui, du fait d’une appropriation illicite, en ont été privés. »
Mme Mereana Reid Arbelot GDR
« Chers collègues, ia ora na – Bonjour à tous ! Députée de Polynésie française, je prends la parole avec une conscience particulière de ce que représente pour nos territoires l’histoire que je m’apprête à évoquer. »
M. Maxime Michelet UDDPLR
« En première lecture, le mois dernier, nous avions unanimement reconnu le caractère insatisfaisant de la procédure actuelle de restitution des biens illicitement appropriés car elle imposait le recours à des lois d’espèce. »

Lire le compte rendu intégral de la séance ↗

Le passage en commission

28 amendements adoptés en commission sur 73 déposés, 2 articles modifiés ; 4 réunions de commission. Le détail ›

Rapporteur·e·s de ce texte

Commissions : Commission mixte paritaire, Commission des affaires culturelles et de l'éducation

Avant d'arriver dans l'hémicycle, ce texte a été examiné par les commissions Affaires culturelles et éducation et Affaires étrangères. 73 amendements y ont été déposés, dont 28 adoptés (qui ont modifié le texte avant le vote). C'est le texte issu de ces 28 adoptions qui est arrivé en séance, où 53 amendements de plus ont été discutés.

28 adoptés32 rejetés3 tombés4 non soutenus6 en cours ou sans suite

Qui dépose, et qui fait adopter

  • LFI 1 sur 9 11%
  • EcoS 15 sur 40 38%
  • SOC aucun sur 4 0%
  • DEM 12 sur 14 86%
  • RN aucun sur 6 0%
Barre claire : les amendements déposés en commission. Partie pleine : ceux qui ont été adoptés. Le chiffre de droite les rapporte l'un à l'autre. Les groupes suivent l'ordre de l'hémicycle, comme le graphe des votes.

Où la commission a le plus changé le texte

Les articles qui ont vu le plus d'amendements adoptés EN COMMISSION, c'est-à-dire là où le texte a bougé avant même l'hémicycle. Chaque ligne renvoie à son article dans « Le texte en détails », juste en dessous.

Pour situer : sur les 225 grands votes de cette législature dont le texte est passé par une commission, la médiane est de 47 amendements et 13 adoptés.

Auditions et travaux en commission 4 réunions, dont 1 audition

Le compte rendu officiel de chaque réunion est accessible.

31 mars 2026 Affaires étrangères Examen du texte Compte rendu ↗
7 avril 2026 Affaires culturelles et éducation Audition Examen du texte Compte rendu ↗
8 avril 2026 Affaires culturelles et éducation Examen du texte Compte rendu ↗
13 avril 2026 Affaires culturelles et éducation Examen du texte Compte rendu ↗

Source : open data de l'Assemblée nationale (amendements + rapports de commission).

Le texte en détails

1 article, 41 amendements

Les documents officiels de ce texte :

le texte voté (PDF) ↗ sa fiche sur ce site le texte déposé (PDF) ↗ la fiche du texte déposé le rapport de commission n° 2628 ↗

L'article unique du texte adopté, replié : son résumé en une phrase, le vote sur l'article, et les amendements qui y ont été mis aux voix (avec ce qu'ils proposaient). 41 amendements au total.

  • Article 1erart. adopté Description : Permet de déclasser, pour le restituer à l'État demandeur, un bien culturel approprié illicitement entre 1815 et 1972, et impose au Gouvernement un rapport annuel au Parlement. 11468 com. / 46 séance

    Description : Permet de déclasser, pour le restituer à l'État demandeur, un bien culturel approprié illicitement entre 1815 et 1972, et impose au Gouvernement un rapport annuel au Parlement.

    114 amendements déposés sur cet article : 68 en commission, dont 27 adoptés, puis 46 en séance, dont 16 adoptés.

    lire le texte officiel ↗

    Vote sur l'article : adopté(89 pour, 0 contre, 1 abstention).

    Amendements mis aux voix sur cet article (36)

    • n° 18 Mme Taillé-Polian ECOS rejeté Au-delà des seuls États, Mme Taillé-Polian voulait permettre que des biens culturels soient restitués aux « communautés concernées », estimant que les frontières actuelles ne recouvrent pas toujours les réalités historiques et culturelles de ces objets.
    • n° 39 Mme Sebaihi ECOS adopté Cet amendement précise que la restitution peut porter sur des biens culturels originaires du territoire d’un État demandeur, quel qu’en ait été le propriétaire initial, même s’ils n’appartenaient pas à cet État.
    • n° 44 Mme Sebaihi ECOS rejeté Mme Sebaihi voulait supprimer le mot « fondamentaux » qualifiant les biens restituables, y voyant une condition de recevabilité floue laissant au Gouvernement une marge d’appréciation trop large pour écarter des demandes.
    • n° 21 Mme Taillé-Polian ECOS rejeté La notion d’« éléments fondamentaux » du patrimoine, jugée trop restrictive, aurait cédé la place à celle d’éléments « importants ou significatifs » avec cet amendement de Mme Taillé-Polian, pour élargir le champ des restitutions.
    • n° 1 M. Aurélien Taché rejeté
    • n° 2 M. Aurélien Taché LFI-NFP adopté Cet amendement précise dans la loi que la politique de restitution des biens culturels s’inscrit dans une coopération culturelle, scientifique et muséographique renforcée entre la France et les États demandeurs.
    • n° 34 M. Marion EPR adopté Un État demandeur peut désormais présenter sa demande de restitution « au nom d’un groupe humain » toujours présent sur son territoire et à la culture vivante, l’auteur explicitant une possibilité déjà ouverte par le texte.
    • n° 43 M. Michelet UDDPLR rejeté M. Michelet voulait supprimer la possibilité de fonder une restitution sur une simple présomption d’appropriation illicite, estimant qu’une décision aussi grave et irréversible ne pouvait reposer sur de seuls indices concordants.
    • n° 31 M. Pribetich SOC rejeté Le groupe Socialistes voulait retirer toute borne temporelle au dispositif, jugeant sa charge symbolique négative : dès lors que les critères sont réunis, une demande de restitution devrait pouvoir être examinée quelle que soit l’époque.
    • n° 11 Mme Taillé-Polian ECOS rejeté En supprimant la date de 1815, Mme Taillé-Polian voulait étendre aux spoliations antérieures la période ouvrant droit à restitution, afin d’y inclure notamment deux codex mexicains conservés en France et réclamés par le Mexique.
    • n° 47 Mme Sebaihi ECOS rejeté Mme Sebaihi voulait ajouter la « tromperie » à la liste des modes d’appropriation illicite ouvrant droit à restitution, pour viser les biens acquis à vil prix ou sans consentement libre et éclairé du propriétaire.
    • n° 12 Mme Taillé-Polian ECOS rejeté Dans le même esprit, Mme Taillé-Polian voulait préciser que la notion de contrainte englobe les acquisitions faites dans un contexte de domination coloniale marqué par un déséquilibre manifeste des rapports de pouvoir.
    • n° 25 M. Aurélien Taché LFI-NFP rejeté M. Taché voulait que l’évaluation d’une appropriation illicite tienne compte du contexte colonial de domination, marqué selon lui par un rapport de force structurellement déséquilibré en faveur de la puissance coloniale.
    • n° 22 Mme Taillé-Polian ECOS rejeté Mme Taillé-Polian voulait que, à la demande de l’État concerné, les autorités françaises participent avec lui aux recherches de provenance, afin de corriger l’inégalité d’accès aux archives qui pénalise les États demandeurs.
    • n° 51 M. Larrouquis EPR rejeté M. Larrouquis voulait préciser que, pour présumer une appropriation illicite, on puisse tenir compte des conditions historiques d’acquisition du bien lorsqu’elles suggèrent l’absence de consentement réel des autorités de l’État d’origine.
    • n° 3 M. Arenas LFI-NFP rejeté L’exclusion des biens militaires du champ des restitutions, aux contours jugés flous, aurait été supprimée par cet amendement du groupe LFI, qui craignait qu’elle ne bloque de nombreuses demandes comme le sabre d’El Hadj Omar Tall.
    • n° 29 M. Pribetich SOC rejeté Le groupe Socialistes voulait confier au comité scientifique le soin de déterminer, au cas par cas, si un bien saisi présente un caractère militaire l’excluant du champ des restitutions, plutôt que d’en écarter d’emblée tous ces biens.
    • n° 37 M. Coquerel LFI-NFP rejeté Le groupe LFI voulait permettre la restitution de biens déjà réclamés à la France avant la loi, même si leur appropriation illicite est antérieure à 1815 ou postérieure à 1972, sans charge financière pour l’État.
    • n° 30 M. Pribetich SOC adopté Cet amendement impose une composition strictement paritaire, et non plus seulement « équilibrée », du comité scientifique réunissant la France et l’État demandeur pour instruire les demandes de restitution de biens culturels.
    • n° 42 Mme Sebaihi ECOS rejeté Mme Sebaihi voulait fixer au comité scientifique un délai de deux ans, à compter de la demande, pour instruire et publier son rapport sur une restitution, afin d’éviter des attentes trop longues pour les États demandeurs.
    • n° 33 Mme Joubert RN rejeté Mme Joubert voulait que le rapport du comité scientifique sur une restitution soit rendu public sans attendre l’accord de l’État demandeur, au nom de la transparence complète du processus.
    • n° 36 M. Gumbs DEM adopté Cet amendement supprime une disposition sur le rapport du comité scientifique, jugée redondante avec l’alinéa précédent et dont le délai maximal de deux ans rigidifiait, selon son auteur, la procédure de restitution.
    • n° 52 M. Michelet UDDPLR rejeté M. Michelet voulait ajouter à la procédure de restitution un avis consultatif des commissions parlementaires de la culture et des affaires étrangères, rendu dans les six semaines suivant l’avis de la commission de restitution.
    • n° 48 M. Marion EPR adopté En matière de restitution de biens culturels, le Gouvernement transmet désormais au Conseil d’État, lorsqu’il le saisit, le rapport du comité scientifique, afin, selon l’auteur, que cette juridiction soit aussi informée que les autres parties.
    • n° 20 Mme Taillé-Polian ECOS rejeté Mme Taillé-Polian voulait ouvrir un recours devant le juge administratif lorsqu’une collectivité refuse une restitution, recours exerçable par l’État demandeur ou toute personne ayant un intérêt à agir, afin d’éviter des blocages sans contrôle.
    • n° 15 Mme Taillé-Polian ECOS adopté Cet amendement impose que tout refus de restituer un bien culturel soit justifié par écrit, de façon détaillée et rendue publique, en exposant les raisons de droit et de fait qui l’ont motivé.
    • n° 38 M. Diouara LFI-NFP rejeté Pour éviter que les collectivités disposent d’un droit de veto sur les restitutions, le groupe LFI voulait remplacer leur approbation obligatoire par une simple consultation, dont l’avis serait rendu public.
    • n° 8 M. Mazaury LIOT adopté Avant toute restitution, cet amendement impose à l’État demandeur des engagements écrits sur la conservation du bien, son accessibilité au public et sa protection juridique, dont le respect sera évalué dans le rapport annuel au Parlement.
    • n° 13 Mme Taillé-Polian ECOS rejeté Cet amendement voulait instituer un « guichet unique » pour accompagner les États demandeurs dans leurs démarches administratives, scientifiques et juridiques de restitution, son autrice y voyant un moyen de rendre ce droit réellement effectif.
    • n° 26 M. Arenas LFI-NFP adopté Cet amendement ouvre à tout membre des commissions compétentes de l’Assemblée et du Sénat le droit d’accéder à l’ensemble des documents et informations de chaque dossier de restitution examiné par la commission.
    • n° 24 M. Arenas LFI-NFP adopté Cet amendement garantit la présence d’un élu de l’opposition parmi les deux députés et parmi les deux sénateurs siégeant à la commission qui rend un avis sur les demandes de restitution de biens culturels.
    • n° 4 M. Aurélien Taché LFI-NFP adopté Cet amendement permet aux commissions de la culture de l’Assemblée et du Sénat de réclamer un vote contraignant sur chaque demande de restitution ; un rejet réunissant au moins trois cinquièmes des voix bloque la restitution.
    • n° 35 M. Gumbs DEM adopté Cet amendement rebaptise l’instance chargée de rendre un avis sur les restitutions, désormais « commission de restitution de biens culturels » plutôt que « commission nationale des restitutions », et met à jour les renvois juridiques correspondants.
    • n° 9 Mme Taillé-Polian ECOS adopté Cet amendement impose à l’État de publier chaque année la liste des objets des collections publiques dont l’origine est jugée douteuse ou susceptible d’une acquisition illicite, avec les informations connues sur leur provenance.
    • n° 10 Mme Taillé-Polian ECOS adopté Sur la restitution de biens culturels acquis illicitement, cet amendement impose que la liste de ces biens soit régulièrement actualisée pour y intégrer ceux que les recherches de provenance identifient au fil du temps.
    • n° 1 M. Gumbs DEM rejeté Sur la restitution de biens culturels, M. Gumbs voulait retirer plusieurs alinéas relatifs aux conditions de conservation et de valorisation des biens dans l’État demandeur, estimant qu’ils rigidifiaient inutilement la procédure.
Autres Votes sans article correspondant dans le texte final 2articles 5amendements

L'Assemblée vote sur le texte tel qu'il sort de la commission ; le texte affiché ici est celui qui a été adopté au terme de la navette, et sa numérotation n'est plus la même. Les votes ci-dessous portent sur des articles ajoutés puis retirés, fondus dans d'autres, ou renumérotés.

  • n° 5 M. Arenas LFI-NFP rejeté Le groupe LFI souhaitait élargir la procédure de restitution des biens culturels volés ou exportés illégalement pour y inclure ceux obtenus par contrainte, violence ou cession consentie par une personne qui ne pouvait pas en disposer.
  • n° 27 M. Arenas LFI-NFP rejeté Un rapport gouvernemental aurait examiné, avec cet amendement, l’opportunité de lever l’exclusion des biens militaires du champ des restitutions, ses auteurs LFI jugeant cette exclusion trop large et contraire à certaines obligations historiques.
  • n° 28 M. Aurélien Taché LFI-NFP rejeté Cet amendement demandait au Gouvernement un rapport, sous six mois, sur les moyens humains et financiers consacrés à identifier et restituer les biens culturels concernés, ses auteurs LFI craignant un dispositif de restitution sans moyens réels.
  • n° 50 M. Dufau SOC rejeté Dans la même logique, M. Dufau voulait un rapport sur la recherche de provenance des biens culturels issus de l’outre-mer, de la Nouvelle-Calédonie, du Pays Basque, de la Corse et de la Bretagne conservés dans les collections publiques.
  • n° 49 M. Dufau SOC rejeté M. Dufau voulait obliger le Gouvernement à remettre, sous un an, un rapport sur la recherche de provenance des biens culturels basques conservés dans les collections publiques et possiblement issus d’une appropriation illicite, assorti de recommandations budgétaires.

Articles du texte adopté et votes internes : données officielles de l'Assemblée nationale. Les résumés d'articles et de chaque amendement sont rédigés à partir du texte, puis vérifiés.

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue