Reconstruction des bâtiments dégradés par les violences de 2023

64 % des votant·es ont voté pour. Seuil de 174 voix franchi. 59 abstentions.
MajoritaireClivage gauche-droite
Participation 70 %

Le parcours du texte

  1. 13 juillet 2023 Dépôt du texte Sénat entrée au Parlement
  2. 18 juillet 2023 1re lecture Sénat Adopté
  3. 20 juillet 2023 1re lecture Assemblée Adopté

Ce que change ce texte

Le texte adopté le 20 juillet 2023, trois semaines après les violences urbaines de fin juin, ne contient que des habilitations : ses trois articles autorisent le Gouvernement à prendre par ordonnance, dans des délais de deux à trois mois, les mesures d'accélération des procédures de reconstruction et de réfection.

  • Rien que des ordonnancesLes trois articles autorisent le Gouvernement à légiférer par ordonnance sous deux à trois mois. Le Parlement fixe le périmètre et le délai, l'exécutif écrit le contenu.
  • Sur quoiDérogations aux règles d'urbanisme, de commande publique et de financement pour accélérer la reconstruction des bâtiments dégradés.
  • ContexteVoté trois semaines après les violences urbaines de fin juin 2023.

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

Adopté le 20 juillet 2023 : 260 voix pour, 87 contre, 59 abstentions. Huit groupes ont voté pour, un a voté contre et un s’est abstenu.

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
75LFI22GDR23EcoS31SOC21LIOT51DEM171RE29HOR62LR88RN4NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise - Nouvelle Union Populaire écologique et sociale0054
Gauche démocrate et républicaine - NUPES1802
Écologiste - NUPES1400
Socialistes et apparentés (membre de l’intergroupe NUPES)2000
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires800
Démocrate (MoDem et Indépendants)4000
Renaissance10900
Horizons et apparentés2600
Les Républicains2413
Rassemblement National0840
Non inscrit120
Mises au point de vote 2

Sous son analyse de ce scrutin, l'Assemblée publie une rubrique « Mises au point » où des député·es font consigner la position qu'ils avaient voulu prendre. Elle ne rectifie pas le scrutin : le relevé ci-dessus reste le résultat officiel, et l'Assemblée le publie inchangé dans le même document.

2 autres mises au point émanent de député·es qui ne figurent pas dans le relevé nominatif de ce scrutin : aucun vote n'y est enregistré à leur nom.

Lire la rubrique « Mises au point » sur l'analyse officielle du scrutin ↗

Les avis, pour et contre

Ce que disent les partisans et les opposants du texte. Chaque position est attribuée et sourcée ; le site ne tranche pas.

Pour le texte, 2

Souligne que l’article 3 traite « la question spécifique du financement de la reconstruction, qui se traduira par des dépenses importantes pour les collectivités territoriales », des dépenses absentes de leurs budgets selon lui. Il rappelle que « les assureurs ne couvriront que partiellement le coût des travaux » et estime qu’« À ce stade, rien ne garantit cependant l’engagement financier de l’État ».

Relève que le ministre a indiqué en commission que « les données relatives au coût des émeutes n’étaient pas encore consolidées », et juge que « le projet de loi aurait mérité d’appliquer un principe simple : qui casse paie ». Elle indique que son groupe a demandé au Gouvernement de communiquer, « département par département, l’état des condamnations et les sanctions prononcées contre les auteurs des dégradations ».

Contre le texte, 2

Dénonce le flou sur le paiement des dégâts, dont la facture est selon lui colossale : « une question subsiste : qui va régler la facture très salée ? » Il avertit que voter le texte, c’est soutenir un Gouvernement qui entend « faire reposer sur l’impôt le financement de la reconstruction », quand son groupe défend « une solution pragmatique, fondée sur le principe du casseur-payeur ».

Les députés non inscrits se sont partagés : deux ont voté contre et un a voté pour, un quatrième étant absent.

lire le passage ↗
Réserves et nuances, 1

Explique que l’article 3 porte sur le FCTVA, « le principal dispositif d’aide de l’État aux collectivités territoriales », qui permet ici de récupérer la TVA « l’année en cours au lieu d’attendre le délai habituel de deux ans ». Elle regrette le recours aux ordonnances : « Le groupe La France insoumise juge quant à lui préférable de recourir au pouvoir législatif et de pérenniser ces pratiques ».

Prise de parole

Compte rendu intégral de la séance

Les avis des experts indépendants

Aucune évaluation d'un organisme indépendant (haut conseil, Cour des comptes, instance scientifique...) n'est encore rattachée à ce texte. Le site en ajoute au fil des publications, toujours attribuées et datées.

Vous connaissez une évaluation pertinente, ou vous aimeriez qu'on la cherche en priorité ?
Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 9 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Accélération de la reconstruction et de la réfection des bâtiments dégradés lors des violences urbaines), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

M. Michel Castellani LIOT
« L’article 3 concerne la question spécifique du financement de la reconstruction, qui se traduira par des dépenses importantes pour les collectivités territoriales. »
M. Thomas Ménagé RN
« Après avoir examiné les dispositions relatives à l’accélération des opérations de reconstruction, nous nous apprêtons à discuter de leur financement. La facture des nuits d’émeutes est colossale. »
Mme Nathalie Oziol LFI
« L’article 3 porte sur le FCTVA, c’est-à-dire le principal dispositif d’aide de l’État aux collectivités territoriales, qui repose sur un prélèvement sur les recettes de l’État. »
Mme Anne-Laure Blin LR
« S’agissant du financement de la reconstruction, sur lequel porte l’article 3, il est vrai, monsieur le ministre, que vous nous avez dit en commission que les données relatives au coût des émeutes n’étaient pas encore consolidées. »
M. Nicolas Dupont-Aignan NI
« Cette séance est surréaliste ! Après des émeutes d’une incroyable gravité, qui auront un coût colossal, face aux Français en colère, qui ne comprennent pas qu’on ait laissé faire, la seule réaction du Gouvernement est de faire payer les contribuables en protégeant l’impunité des casseurs. »
M. Christophe Béchu (ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires)
« Nous serons nombreux à en convenir, ce qui rend cette séance surréaliste est la présence de Nicolas Dupont-Aignan ! Monsieur Dupont-Aignan, je ne m’en étonne pas, car c’est votre habitude, mais vous avez raté ce matin le moment où j’ai prévenu ceux qui prendraient le parti de l’outrance que je leur… »
M. Jean-Paul Mattei (rapporteur)
« …mais il n’est pas question de dire que nous n’irons pas poursuivre les auteurs. La justice fera son travail normalement, sur le plan pénal et civil. Mais si on attend ses conclusions, les travaux se feront dans dix ans ! »
M. Hubert Wulfranc GDR
« Vous remarquerez que je m’exprime pour la première fois en ces lieux depuis mon intervention au nom du groupe GDR-NUPES ce matin. À ce stade du débat, néanmoins, nous invitons M. le ministre délégué à garder son sang-froid vis-à-vis des provocations permanentes du Rassemblement national. »
Mme Caroline Yadan RE
« Chère collègue, ce qui est discutable, ce n’est pas de légiférer par ordonnance, puisque la possibilité est inscrite dans notre Constitution. »

Le passage en commission

111 amendements examinés en commission, dont 0 adopté.

Rapporteur·e·s de ce texte

Commission : Commission des affaires économiques

Avant d'arriver dans l'hémicycle, ce texte a été examiné par la commission Affaires économiques. 111 amendements y ont été déposés, aucun n'a été adopté. En séance, 124 amendements ont été discutés sur ce texte.

53 rejetés7 retirés51 en cours ou sans suite

Qui dépose, et qui fait adopter

7 groupes ont déposé des amendements en commission, et aucun n'a été adopté. Le détail des dépôts est ci-dessous.

La commission n'a adopté aucun amendement : le texte est arrivé en séance tel qu'elle l'avait reçu.

Où la commission a le plus changé le texte

Pour situer : sur les 211 grands votes de cette législature dont le texte est passé par une commission, la médiane est de 66 amendements et 14 adoptés.

Source : open data de l'Assemblée nationale (amendements + rapports de commission).

Le texte en détails

3 articles · 27 amendements

Les documents officiels de ce texte :

le texte voté (PDF) ↗ sa fiche sur ce site le texte déposé (PDF) ↗ la fiche du texte déposé le rapport de commission n° 1537 ↗

Les 3 articles du texte adopté, chacun replié : son résumé en une phrase, le vote sur l'article, et les amendements qui y ont été mis aux voix (avec ce qu'ils proposaient). 27 amendements au total.

  • Article 1erart. adopté Description : Habilite sous 3 mois à faciliter temporairement la reconstruction de bâtiments dégradés lors des troubles du 27 juin au 5 juillet 2023, projet de ratification sous 3 mois. 5723 com. / 34 séance

    Description : Habilite sous 3 mois à faciliter temporairement la reconstruction de bâtiments dégradés lors des troubles du 27 juin au 5 juillet 2023, projet de ratification sous 3 mois.

    57 amendements déposés sur cet article : 23 en commission, puis 34 en séance.

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    Vote sur l'article : adopté(158 pour, 0 contre, 16 abstentions).

    Amendements mis aux voix sur cet article (6)

    • n° 49 Mme Oziol LFI-NUPES rejeté Cet amendement voulait raccourcir l’habilitation du Gouvernement en fixant son échéance au 31 juillet 2023 plutôt qu’à trois mois après la promulgation, par cohérence avec l’urgence affichée selon son autrice.
    • n° 81 M. Houssin RN rejeté Les mots « troubles à l’ordre et à la sécurité publics » auraient laissé place à « émeutes et violences », qualificatif que son auteur jugeait exact pour les faits de fin juin 2023.
    • n° 20 M. de Fournas rejeté Cet amendement proposait de qualifier les faits de juin et juillet 2023 de « violences urbaines » plutôt que de « troubles à l’ordre et à la sécurité publics », terme jugé plus fidèle par son auteur.
    • n° 8 M. Jolly RN rejeté Les « améliorations justifiées » autorisées lors de la reconstruction n’auraient été admises, selon cet amendement, que si elles rétablissaient un usage conforme à celui d’avant les dégâts, pour éviter tout changement d’affectation des bâtiments.
    • n° 55 Mme Garrido rejeté Toute réduction des délais d’instruction des autorisations d’urbanisme, permise pour reconstruire après les émeutes, aurait dû, selon le groupe LFI-NUPES, rester soutenable pour les personnels et services d’urbanisme concernés.
    • n° 23 M. de Fournas rejeté Les mesures dérogatoires de l’article premier auraient été refusées, selon cet amendement, aux collectivités qui ne se seraient pas constituées partie civile pour réclamer réparation aux auteurs des dégradations.
  • Article 2art. adopté Habilite le Gouvernement, sous 2 mois, à autoriser temporairement, pour reconstruire après les troubles de juin-juillet 2023, des marchés globaux et, sous un seuil, sans publicité mais concurrentiels. 5827 com. / 31 séance

    Habilite le Gouvernement, sous 2 mois, à autoriser temporairement, pour reconstruire après les troubles de juin-juillet 2023, des marchés globaux et, sous un seuil, sans publicité mais concurrentiels.

    58 amendements déposés sur cet article : 27 en commission, puis 31 en séance.

    lire le texte officiel ↗

    Vote sur l'article : adopté(115 pour, 0 contre, 66 abstentions).

    Amendements mis aux voix sur cet article (8)

    • n° 103 M. Odoul RN rejeté Cet amendement voulait remplacer la formule « affectés par des dégradations ou destructions liées aux troubles à l’ordre et à la sécurité publics » par les mots « dégradés, incendiés et détruits par les délinquants ».
    • n° 28 M. de Fournas rejeté Cet amendement voulait maintenir une publicité des marchés de reconstruction, en remplaçant l’absence de publicité préalable par des délais de publicité simplement adaptés, afin de préserver la mise en concurrence selon son auteur.
    • n° 93 Mme Garrido rejeté Sur les marchés de reconstruction après les émeutes, le groupe LFI-NUPES voulait plafonner à 215 000 euros hors taxes le seuil en deçà duquel l’obligation de publicité préalable aurait pu être écartée.
    • n° 43 M. Echaniz SOC-A rejeté Un plafond de 750 000 euros hors taxes aurait, avec cet amendement des députés socialistes, encadré le seuil sous lequel les marchés de reconstruction pourraient déroger à l’obligation de publicité, pour prévenir selon eux la corruption.
    • n° 10 M. Jolly RN rejeté Les travaux réalisables hors procédures de marchés publics auraient été plafonnés, avec cet amendement, au coût initial de construction du bâtiment actualisé selon l’inflation, pour limiter tout contournement selon son auteur.
    • n° 44 M. Echaniz SOC-A rejeté Cet amendement proposait d’obliger les acheteurs publics dotés d’une commission d’appel d’offres à l’informer des marchés passés selon les procédures dérogatoires, ses auteurs y voyant une garantie de transparence et de contrôle démocratique.
    • n° 2 M. de Fournas rejeté L’exception à l’obligation d’allotir les marchés publics aurait disparu avec cet amendement, son auteur jugeant qu’aligner le texte sur le droit commun protégerait la concurrence et les petites entreprises sans allonger les délais.
    • n° 61 Mme Garrido rejeté En matière de marchés publics, cet amendement voulait retirer la possibilité de déroger à l’allotissement, afin que les artisans, TPE et PME locales puissent participer aux chantiers de reconstruction selon son autrice.
  • Article 3art. adopté Autorise le Gouvernement à adapter par ordonnance, sous 3 mois, des règles de financement local pour réparer les dégâts des troubles du 27 juin au 5 juillet 2023. 5225 com. / 27 séance

    Autorise le Gouvernement à adapter par ordonnance, sous 3 mois, des règles de financement local pour réparer les dégâts des troubles du 27 juin au 5 juillet 2023.

    52 amendements déposés sur cet article : 25 en commission, puis 27 en séance.

    lire le texte officiel ↗

    Vote sur l'article : adopté(113 pour, 54 contre, 26 abstentions).

    Amendements mis aux voix sur cet article (12)

    • n° 29 M. de Fournas rejeté Cet amendement proposait de supprimer l’article organisant le financement public de la reconstruction, son auteur estimant que ce coût devait peser exclusivement sur les casseurs et leurs familles, non sur les contribuables.
    • n° 63 Mme Oziol LFI-NUPES rejeté Plutôt qu’un délai de trois mois après la promulgation, le groupe LFI-NUPES proposait de fixer au 31 juillet 2023 au plus tard l’échéance de l’habilitation à légiférer par ordonnance sur la reconstruction.
    • n° 94 Mme Oziol LFI-NUPES rejeté Le délai d’habilitation laissé au gouvernement pour légiférer par ordonnance sur la reconstruction après les émeutes aurait été ramené de trois à deux mois par cet amendement.
    • n° 68 Mme Oziol LFI-NUPES rejeté Plutôt que d’autoriser le Gouvernement à légiférer par ordonnance, cet amendement voulait inscrire directement dans la loi la possibilité d’un financement intégral par l’État des réparations liées aux troubles de juin et juillet 2023.
    • n° 1 M. Odoul RN rejeté La suppression de l’alinéa qui permettait à l’État de financer jusqu’à 100 % les reconstructions était demandée ici, son auteur défendant le principe « casseur payeur » et l’équité envers les communes rurales.
    • n° 46 Mme Dogor-Such RN rejeté Les conditions financières dérogatoires prévues pour que l’État aide à reconstruire les bâtiments des collectivités dégradés par les émeutes auraient été réservées, avec cet amendement RN, aux crédits relevant de la politique de la ville.
    • n° 38 M. Ballard RN rejeté Cet amendement d’appel voulait exclure du financement de la reconstruction les biens relevant de la dotation d’équipement des territoires ruraux, son auteur jugeant inadmissible de mobiliser ces crédits destinés aux petites communes rurales.
    • n° 30 M. de Fournas rejeté Les aides à la reconstruction auraient été réservées, selon cet amendement, aux collectivités signataires d’un contrat de financement avec l’État et la Sécurité sociale, contrat les obligeant à poursuivre au civil les auteurs des dégradations.
    • n° 101 M. Odoul RN rejeté Selon son auteur, les facilités de reconstruction n’auraient bénéficié qu’aux collectivités ayant signé avec les bailleurs sociaux une convention destinée à expulser du logement social les auteurs de dégradations de biens publics.
    • n° 124 Mme Robert-Dehault RN rejeté Cet amendement voulait garantir que les mesures de reconstruction n’entraînent aucune hausse des impôts directs, taxes assimilées et impôts indirects, ni pour les ménages ni pour les entreprises.
    • n° 16 M. Dive LR rejeté Le Gouvernement aurait dû, dans les trois mois, dresser puis transmettre au Parlement la liste des communes dont des bâtiments et équipements publics furent dégradés lors des violences survenues entre le 27 juin et le 5 juillet 2023.
    • n° 85 M. Houssin RN rejeté Un rapport gouvernemental, réclamé sous trois mois, aurait détaillé le coût total des dégradations, des reconstructions et des réparations, ainsi que les sommes encaissées et dépensées par l’État au titre des amendes infligées aux personnes condamnées.
Hors article Sous-amendements et votes non rattachés à un article 1vote

Articles du texte adopté et votes internes : données officielles de l'Assemblée nationale. Les résumés d'articles et de chaque amendement sont rédigés à partir du texte, puis vérifiés.

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue