Report des élections provinciales de Nouvelle-Calédonie

52 % des votant·es ont voté pour. Seuil de 264 voix franchi. 9 abstentions.
Très serréBloc fracturé
Participation 93 %

Le parcours du texte

  1. 13 août 2025 Dépôt du texte Sénat entrée au Parlement
  2. 15 octobre 2025 1re lecture Sénat Adopté
  3. 28 octobre 2025 Lecture des conclusions de la CMP Assemblée Adopté
  4. 28 octobre 2025 Lecture des conclusions de la CMP Assemblée Accord
  5. 29 octobre 2025 Commission mixte paritaire Adopté
  6. 6 novembre 2025 Conseil constitutionnel Conforme

Ce que change ce texte

En clair

Cette loi organique reporte au plus tard à juin 2026 le renouvellement des assemblées de Nouvelle-Calédonie, pour laisser du temps aux négociations institutionnelles engagées après les émeutes de 2024.

  • ReportLe texte reporte les prochaines élections du congrès et des assemblées de province de Nouvelle-Calédonie (art. 1er).
  • ÉchéanceLe scrutin, prévu au plus tard le 30 novembre 2025, est décalé au plus tard le 28 juin 2026 (art. 1er).
  • DérogationCe report déroge à l’article 187 de la loi organique du 19 mars 1999 relative à la Nouvelle-Calédonie (art. 1er).
  • MotifLe décalage vise à permettre la mise en oeuvre de l’accord du 12 juillet 2025 (titre).
  • ListesLa liste électorale spéciale et son tableau annexe (art. 189) sont mis à jour au plus tard dix jours avant le scrutin (art. 1er).
  • MandatsLes mandats en cours des membres du congrès et des assemblées de province prennent fin le jour de la première réunion des assemblées nouvellement élues (art. 1er).
  • OrganesLes fonctions des membres des organes du congrès sont prorogées jusqu’à la première réunion du congrès nouvellement élu (art. 2).
  • ContinuitéCette prorogation assure la continuité des instances calédoniennes pendant la période de report (art. 2).
  • Base légaleLe texte modifie le calendrier fixé par la loi organique du 15 novembre 2024, qui avait déjà reporté ce renouvellement (art. 1er).
  • Entrée en vigueurLa loi organique entre en vigueur le lendemain de sa publication au Journal officiel (art. 3).

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

Adopté le 28 octobre 2025 : 279 voix pour, 247 contre, 9 abstentions. Sept groupes ont voté pour et quatre ont voté contre.

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
71LFI17GDR38EcoS69SOC22LIOT36DEM92EPR34HOR50DR16UDDPLR123RN9NI
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise - Nouveau Front Populaire0660
Gauche Démocrate et Républicaine0170
Écologiste et Social1350
Socialistes et apparentés5646
Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires1362
Les Démocrates3410
Ensemble pour la République8200
Horizons & Indépendants3200
Droite Républicaine4300
Union des droites pour la République1300
Rassemblement National01160
Non inscrit521

Les avis, pour et contre

Ce que disent les partisans et les opposants du texte. Chaque position est attribuée et sourcée ; le site ne tranche pas.

Pour le texte, 3
Naïma MoutchouHORministre des Outre-mer

En première lecture à l'Assemblée, le 22 octobre 2025, défend le report comme un temps de respiration destiné à traduire l'accord de Bougival dans le droit et à « renouer le dialogue avec toutes les sensibilités », en relevant que le Congrès de la Nouvelle-Calédonie a approuvé ce report par « trente-neuf voix contre treize ». Elle conclut : « Le texte ne suspend donc pas la démocratie, il la protège. »

Philippe GosselinDRrapporteur pour l'Assemblée

Justifie le report par le temps nécessaire pour ramener tous les partenaires à la table : il juge impossible « qu’une partie importante du territoire ne soit pas représentée lors de ces négociations, que le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) ne puisse pas être autour de la table ». Il dit son désaccord avec le gouvernement, qui a annoncé la tenue au Sénat, dès janvier, des débats sur la réforme institutionnelle.

Nicolas MetzdorfEPRdéputé de Nouvelle-Calédonie

En première lecture à l'Assemblée, le 22 octobre 2025, défend l'accord de Bougival comme une avancée obtenue avec les délégations calédoniennes : « nous avons avancé comme personne ne l’avait fait depuis sept ans ». Il plaide pour du temps supplémentaire : « S’il faut encore prendre le temps de rediscuter, d’amender, de préciser afin qu’un maximum de personnes adhèrent à l’accord de Bougival ».

Contre le texte, 3
Emmanuel TjibaouGDRdéputé de Nouvelle-Calédonie

Annonce son vote contre : « Je voterai contre le report prévu par cette proposition de loi organique, non par esprit d’opposition, mais par fidélité à nos engagements, à notre histoire et à la parole qui nous avait été donnée par le ministre d’État le 12 juillet. » Il constate que « en démocratie les élections ne se tiennent plus à l’heure, mais à n’importe quelle heure selon les convenances politiques du moment ».

Dénonce un report qui évite de laisser voter le corps électoral actuel : « Tout cela veut dire que vous reporterez les élections au lieu de laisser voter le corps électoral actuel. Votre objectif réel, c’est le dégel du corps électoral, pour maintenir la colonie de peuplement, parce que le président Macron veut garder la Nouvelle-Calédonie française. »

Refuse un report qui prolongerait des mandats sans légitimité : « repousser les élections, c’est priver le peuple de sa parole, prolonger un mandat qui n’a plus de légitimité démocratique, maintenir un système institutionnel à bout de souffle, avec des représentants qui ne représentent plus ». Il demande si la métropole accepterait de repousser de deux ans ses élections législatives ou présidentielles.

Prise de parole

Compte rendu intégral de la séance

Les avis des experts indépendants

Aucune évaluation d'un organisme indépendant (haut conseil, Cour des comptes, instance scientifique...) n'est encore rattachée à ce texte. Le site en ajoute au fil des publications, toujours attribuées et datées.

Vous connaissez une évaluation pertinente, ou vous aimeriez qu'on la cherche en priorité ?
Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 12 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Report du renouvellement général des membres du Congrès et des assemblées de province de la Nouvelle-Calédonie), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

M. Philippe Gosselin (rapporteur de la commission mixte paritaire)
« Depuis les événements du 13 mai 2024, la situation en Nouvelle-Calédonie est préoccupante, avec ses morts – toujours trop nombreux –, ses nombreuses destructions d’équipements publics et d’entreprises et ses dégâts évalués à 2,2 milliards d’euros. »
M. Laurent Panifous (ministre délégué chargé des relations avec le Parlement)
« Permettez-moi tout d’abord d’excuser la ministre des outre-mer, retenue au Sénat par un engagement pris de longue date, celui de défendre un autre texte essentiel pour nos compatriotes ultramarins : le projet de loi de lutte contre la vie chère, largement inspiré des travaux conduits ici même, dans… »
M. Emmanuel Tjibaou GDR
« Nous voilà réunis une énième fois pour statuer sur le report des élections provinciales et au Congrès de Kanaky Nouvelle-Calédonie. J’ai bien pris note de la position du gouvernement de retirer de l’ordre du jour le projet de loi constitutionnelle inscrit en janvier prochain. »
M. Paul Molac LIOT
« Je vais vous exprimer le trouble de notre groupe, puisque, quels que soient nos votes, nous voyons bien la situation de la Nouvelle-Calédonie, le conflit, cette histoire qui y est encore plus compliquée que dans d’autres territoires. »
Mme Hanane Mansouri UDDPLR
« Ce serait manquer délibérément de respect aux Néo-Calédoniens qui nous écoutent. Le report des élections provinciales n’est pas une décision confortable, mais il est nécessaire dans les circonstances actuelles, pour éviter que le désordre et la violence ne reprennent le dessus. »
M. Yoann Gillet RN
« Depuis des mois, le gouvernement s’entête dans la même erreur : répondre à la crise néo-calédonienne par le seul spectre institutionnel plutôt que par une vision politique et économique partagée. Le texte issu de la commission mixte paritaire n’échappe pas à cette logique. »
M. Vincent Caure EPR
« Nous discutons, une fois de plus, d’une motion de rejet sur ce texte organique relatif à la Nouvelle-Calédonie. Je ne suis pas là pour vous dire s’il existe de bonnes ou de mauvaises motions de rejet, mais il est certain qu’il existe un chemin des bonnes volontés. »
Mme Mathilde Panot LFI
« Monsieur le ministre, vous n’avez rien appris : reporter encore les élections, c’est de nouveau passer en force et menacer la paix civile en Kanaky Nouvelle-Calédonie. »
M. Arthur Delaporte SOC
« Ce texte n’est pas le dégel du corps électoral, il n’est pas une réforme constitutionnelle, il n’est pas la validation de Bougival. Ce texte est le report temporaire d’élections, qui portera à sept ans le mandat des élus. »
Mme Sabrina Sebaihi ECOS
« Je souhaite tout d’abord saluer la dignité de la prise de parole de notre collègue Emmanuel Tjibaou. Nous voterons la motion de rejet préalable déposée par le groupe communiste, car ce texte n’est pas un texte de paix, mais un texte de renoncement. »
M. Éric Martineau DEM
« Le texte dont nous débattons est le fruit d’un accord trouvé en commission mixte paritaire, après l’adoption d’une motion de rejet préalable la semaine dernière, en première lecture. »
M. Jean Moulliere HOR
« Dans le contexte actuel, nous nous devons d’être à la hauteur. Pour cela, notre assemblée doit faire preuve de courage et d’exigence, en ayant à cœur le seul intérêt calédonien. »

Lire le compte rendu intégral de la séance ↗

Le passage en commission

23 amendements examinés en commission, dont 0 adopté.

Rapporteur·e·s de ce texte

Commissions : Commission mixte paritaire · Commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l'administration générale de la République

Avant d'arriver dans l'hémicycle, ce texte a été examiné par la commission Lois. 23 amendements y ont été déposés, aucun n'a été adopté. En séance, 1 659 amendements ont été discutés sur ce texte.

22 rejetés1 en cours ou sans suite

Qui dépose, et qui fait adopter

3 groupes ont déposé des amendements en commission, et aucun n'a été adopté. Le détail des dépôts est ci-dessous.

La commission n'a adopté aucun amendement : le texte est arrivé en séance tel qu'elle l'avait reçu.

Où la commission a le plus changé le texte

Pour situer : sur les 221 grands votes de cette législature dont le texte est passé par une commission, la médiane est de 47 amendements et 13 adoptés.

Auditions et travaux en commission 1 réunion

Le compte rendu officiel de chaque réunion est accessible.

20 octobre 2025 Lois Examen du texte Compte rendu ↗

Source : open data de l'Assemblée nationale (amendements + rapports de commission).

Le texte en détails

3 articles

Les documents officiels de ce texte :

le texte voté (PDF) ↗ sa fiche sur ce site le texte déposé (PDF) ↗ la fiche du texte déposé le rapport de commission n° 1980 ↗

Les 3 articles du texte adopté, chacun replié : son résumé en une phrase, le vote sur l'article, et les amendements qui y ont été mis aux voix (avec ce qu'ils proposaient).

  • Article 1er Reporte au plus tard au 28 juin 2026 les élections provinciales et du congrès néo-calédoniens, liste électorale spéciale actualisée au plus tard 10 jours avant, mandats prolongés. 75711 com. / 746 séance

    Reporte au plus tard au 28 juin 2026 les élections provinciales et du congrès néo-calédoniens, liste électorale spéciale actualisée au plus tard 10 jours avant, mandats prolongés.

    757 amendements déposés sur cet article : 11 en commission, puis 746 en séance.

    lire le texte officiel ↗

  • Article 2 Proroge les fonctions des membres des organes du congrès de la Nouvelle-Calédonie en cours à la promulgation, jusqu'à la première réunion du congrès nouvellement élu. 1285 com. / 123 séance

    Proroge les fonctions des membres des organes du congrès de la Nouvelle-Calédonie en cours à la promulgation, jusqu'à la première réunion du congrès nouvellement élu.

    128 amendements déposés sur cet article : 5 en commission, puis 123 en séance.

    lire le texte officiel ↗

  • Article 3 Fait entrer la loi organique en vigueur le lendemain de sa publication au Journal officiel. 5394 com. / 535 séance

    Fait entrer la loi organique en vigueur le lendemain de sa publication au Journal officiel.

    539 amendements déposés sur cet article : 4 en commission, puis 535 en séance.

    lire le texte officiel ↗

Articles du texte adopté et votes internes : données officielles de l'Assemblée nationale. Les résumés d'articles et de chaque amendement sont rédigés à partir du texte, puis vérifiés.

Pour aller plus loin

Scrutins similaires

6 scrutins proches par le sujet.
Le blog de l'auteur point de vue