Préservation de l'environnement dans la Constitution

71 % des votant·es ont voté pour. Seuil de 220 voix franchi. 115 abstentions.
NetClivage gauche-droite
Participation 96 %

Le parcours du texte

  1. 20 janvier 2021 Dépôt du texte Assemblée entrée au Parlement
  2. 16 mars 2021 1re lecture Assemblée Adopté
  3. 10 mai 2021 1re lecture Sénat Modifié
  4. 5 juillet 2021 2e lecture Sénat Modifié

Sans suite Une révision de la Constitution ne peut être soumise à référendum qu'après son adoption en termes identiques par l'Assemblée nationale et le Sénat (article 89). Les deux chambres ne sont pas parvenues à une rédaction commune. Le référendum, annoncé par le président de la République à la suite de la Convention citoyenne pour le climat, n'a pas été organisé.

  1. 16 mars 2021Adoption en première lecture par l'Assemblée nationale (ce vote).
  2. 10 mai 2021Le Sénat adopte le texte en le modifiant.
  3. 21 juin 2021Deuxième lecture à l'Assemblée, texte de nouveau modifié.
  4. 5 juillet 2021Deuxième lecture au Sénat, toujours sans accord sur une rédaction identique.
  5. La navette s'interrompt : faute de vote conforme des deux chambres, la révision n'aboutit pas et le référendum n'a pas lieu.
3 sources Dossier législatif (Assemblée nationale) ↗Dossier législatif (Sénat) ↗Présentation du texte (Vie-publique) ↗

Ce que change ce texte

Le texte vise à compléter l'article 1er de la Constitution afin de renforcer les dispositions relatives à la préservation de l'environnement. Il s'agit d'un projet de loi constitutionnelle qui modifie le fondement de la République pour intégrer des principes environnementaux.

  • Phrase ajoutée à la ConstitutionInsère, après la troisième phrase du premier alinéa de l’article 1er de la Constitution, une phrase ainsi rédigée : « Elle garantit la préservation de l’environnement et de la diversité biologique et lutte contre le dérèglement climatique. » art. unique

Comprendre les votes

Comment chaque groupe a voté

Adopté le 16 mars 2021 : 391 voix pour, 47 contre, 115 abstentions. Cinq groupes ont voté pour, un a voté contre et trois se sont abstenus.

PourContreAbstentionNon-votant N'a pas pris part au scrutin
17FI16GDR29SOC18LTdivisé58DEM269LREM21AGIR18UDIdivisé104LR23NIdivisé
Survolez une barre pour les chiffres d'un groupe, cliquez pour la liste nominative. Sigle souligné et « divisé » : moins de 60 % de ses votants sur la position majoritaire.
Vote de chaque groupe : pour, contre, abstention
GroupePourContreAbstention
La France insoumise0161
Gauche démocrate et républicaine1202
Socialistes et apparentés2800
Libertés et Territoires537
Mouvement Démocrate (MoDem) et Démocrates apparentés5224
La République en Marche25920
Agir ensemble1900
UDI et Indépendants549
Les Républicains02082
Non inscrit11010
Mises au point de vote 4

Sous son analyse de ce scrutin, l'Assemblée publie une rubrique « Mises au point » où des député·es font consigner la position qu'ils avaient voulu prendre. Elle ne rectifie pas le scrutin : le relevé ci-dessus reste le résultat officiel, et l'Assemblée le publie inchangé dans le même document.

Lire la rubrique « Mises au point » sur l'analyse officielle du scrutin ↗

Les avis, pour et contre

Le texte voté porte sur la préservation de l'environnement et vise à compléter l'article 1er de la Constitution. Il a été adopté lors d’un scrutin public solennel le 16 mars 2021, avec 391 voix pour, 47 contre et 115 abstentions. LAREM, DEM, SOC, NI, AGIR-E et GDR se sont prononcés en faveur du projet, tandis que FI s’est opposé. LR, LT et UDI_I ont abstenu, avec des positions divisées au sein de ces groupes.

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Les avis des experts indépendants

Dans son 7e rapport annuel (juin 2025), le Haut Conseil pour le climat constate que le rythme de baisse des émissions françaises de gaz à effet de serre a fortement ralenti en 2024 (-1,8 %, contre -6,7 % entre 2022 et 2023), une part importante des baisses récentes tenant à des facteurs conjoncturels (hivers doux, redémarrage du nucléaire). Il estime que la France doit réduire ses émissions d'environ 4,7 % par an d'ici 2030, soit un rythme à peu près doublé, pour tenir ses objectifs, et appelle à consolider le pilotage de l'action climatique.

7e rapport annuel, juin 2025

Ce qu'il s'est dit d'autre en séance 10 prises de parole de la discussion, reprises du compte rendu officiel

Premières prises de parole de la discussion de ce texte en séance (Article 1 er de la Constitution et préservation de l’environnement), reprises telles quelles du compte rendu intégral officiel : une par orateur·rice, dans l'ordre du compte rendu, sans sélection éditoriale.

Mme Valérie Petit LREM
« Le présent projet de modification de la Constitution, qui vise à inscrire à son article 1 er le principe selon lequel la France « garantit la préservation de l’environnement et de la diversité biologique et lutte contre le dérèglement climatique », nous lance un défi, résumé par ces mots du Présiden… »
M. Pascal Brindeau UDI
« La source du projet de loi constitutionnelle sur lequel nous sommes amenés à nous prononcer est très paradoxale. En effet, le mouvement des gilets jaunes est né de la contestation d’une hausse de la fiscalité sur les carburants qui avait précisément pour objectif de mieux protéger l’environnement ma… »
Mme Mathilde Panot FI
« Finalement, vous avez raison, nous devrons nous acquitter d’une dette, je veux bien le reconnaître : la dette écologique d’abord, même si ce sera difficile avec vous, et, surtout, votre dette à l’égard de la vérité. »
M. Hubert Wulfranc GDR
« Je l’ai dit lors de la discussion générale, le groupe de la Gauche démocrate et républicaine votera ce projet de loi constitutionnelle, en pleine connaissance de cause. »
M. François-Michel Lambert LT
« Cette réforme de la Constitution va-t-elle ajouter dix-sept ou dix-huit mots à son article 1 er ? C’est la seule question qui a été réellement débattue la semaine dernière, avouons-le. »
M. Jacques Krabal LREM
« Modifier l’article 1 er de la Constitution est un acte politique majeur. Notre République est une et indivisible, et sa langue est le français – je tiens à le rappeler, en cette semaine de la francophonie. »
M. Julien Aubert LR
« Ce jour aurait dû être un jour heureux pour Les Républicains. La droite, fidèle à l’écologie et à l’environnement , a créé le ministère de l’environnement – que cela vous plaise ou non –, a organisé le Grenelle de l’environnement – que cela vous plaise ou non –, a fait adopter la charte de l’environ… »
Mme Élodie Jacquier-Laforge MODEM
« La réalité de l’urgence climatique n’est plus à démontrer ; le groupe Dem en a parfaitement conscience et est particulièrement engagé dans la lutte contre le changement climatique. Notre planète connaît la sixième extinction de masse de son histoire, et l’activité humaine en est responsable. »
M. Gérard Leseul SOC
« Nous voici réunis, au terme de l’examen du projet de loi constitutionnelle complétant l’article 1 er de la Constitution et relatif à la préservation de l’environnement, pour décider de notre vote. Les débats sur ce texte ont été frustrants, que ce soit en commission ou en séance publique. »
M. Éric Dupond-Moretti (garde des sceaux, ministre de la justice)
« Je tiens à dire la fierté qui est la mienne, à la place qui est la mienne. Ce texte est une véritable chance. Nous allons vers le référendum promis par notre président de la République. »

Le passage en commission

138 amendements examinés en commission, dont 4 adoptés.

Rapporteur·e·s de ce texte

Commission : Commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l'administration générale de la République

Avant d'arriver dans l'hémicycle, ce texte a été examiné par les commissions Développement durable et Lois. 138 amendements y ont été déposés, dont 4 adoptés (qui ont modifié le texte avant le vote). C'est le texte issu de ces 4 adoptions qui est arrivé en séance, où 438 amendements de plus ont été discutés.

4 adoptés94 rejetés2 tombés4 retirés16 non soutenus18 en cours ou sans suite

Qui dépose, et qui fait adopter

  • FI aucun sur 12 0 %
  • GDR aucun sur 10 0 %
  • SOC aucun sur 21 0 %
  • LT aucun sur 15 0 %
  • DEM 1 sur 13 8 %
  • LR aucun sur 19 0 %
  • NI aucun sur 29 0 %
  • AGIR-E 1 sur 12 8 %
  • UDI_I aucun sur 5 0 %
  • LAREM 2 sur 2 100 %
Barre claire : les amendements déposés en commission. Partie pleine : ceux qui ont été adoptés. Le chiffre de droite les rapporte l'un à l'autre. Les groupes suivent l'ordre de l'hémicycle, comme le graphe des votes.

Où la commission a le plus changé le texte

Les articles qui ont vu le plus d'amendements adoptés EN COMMISSION, c'est-à-dire là où le texte a bougé avant même l'hémicycle. Chaque ligne renvoie à son article dans « Le texte en détails », juste en dessous.

Pour situer : sur les 380 grands votes de cette législature dont le texte est passé par une commission, la médiane est de 149 amendements et 33 adoptés.

Source : open data de l'Assemblée nationale (amendements + rapports de commission).

Le texte en détails

1 article · 21 amendements

Les documents officiels de ce texte :

le texte voté (PDF) ↗ sa fiche sur ce site le texte déposé (PDF) ↗ la fiche du texte déposé le rapport de commission n° 3894 ↗le rapport de commission n° 4261 ↗

L'article unique du texte adopté, replié : son résumé en une phrase, le vote sur l'article, et les amendements qui y ont été mis aux voix (avec ce qu'ils proposaient). 21 amendements au total.

  • Article uniqueart. adopté Ajoute à l'article 1er de la Constitution la garantie de la préservation de l'environnement et de la diversité biologique, et la lutte contre le dérèglement climatique. 24177 com. / 164 séance

    Ajoute à l'article 1er de la Constitution la garantie de la préservation de l'environnement et de la diversité biologique, et la lutte contre le dérèglement climatique.

    241 amendements déposés sur cet article : 77 en commission, dont 4 adoptés, puis 164 en séance, dont 5 adoptés.

    lire le texte officiel ↗

    Vote sur l'article : adopté(331 pour, 104 contre, 35 abstentions).

    Amendements mis aux voix sur cet article (21)

    • n° 84 M. François-Michel Lambert avant l'article unique du projet de loi constitutionnelle complètant l'article 1er de la Constitution rejeté Les politiques publiques auraient dû être conformes à l’objectif de lutte contre le changement climatique, une phrase que cet amendement voulait ajouter à la Charte de l’environnement de 2005.
    • n° 186 M. Chiche rejeté Le mot « race » aurait disparu de l’article 1er de la Constitution avec cet amendement, son auteur estimant que ce terme, scientifiquement infondé, laisse supposer l’existence de races humaines distinctes.
    • n° 70 Mme Ménard rejeté Cet amendement proposait de supprimer l’article inscrivant la protection de l’environnement à l’article 1er de la Constitution, son autrice jugeant cet ajout redondant avec la Charte de l’environnement de 2004, déjà constitutionnelle.
    • n° 104 M. Leseul rejeté
    • n° 48 M. Brun LR rejeté Le verbe « garantit » appliqué à la préservation de l’environnement dans le projet de loi constitutionnelle aurait été remplacé par « préserve », pour éviter une obligation de résultat, selon l’auteur.
    • n° 203 M. Ruffin FI rejeté Sur le texte constitutionnel de protection de l’environnement, cet amendement voulait ajouter que la Nation s’engage à réparer les dommages liés à la pollution des sols, en visant notamment l’empoisonnement au chlordécone aux Antilles.
    • n° 371 M. Ravier rejeté Toute apologie, négation ou banalisation des crimes contre l’humanité, génocides et crimes de guerre reconnus par la France aurait été interdite au niveau constitutionnel avec cet amendement, qui invoquait la protection des valeurs républicaines.
    • n° 82 M. Lambert rejeté Un poste de vice-Premier ministre, chargé de vérifier la conformité des décisions du Gouvernement avec la Charte de l’environnement et d’en rendre compte au Parlement, aurait été inscrit dans la Constitution par cet amendement.
    • n° 2 M. Le Fur rejeté Les questions de société seraient venues, avec cet amendement, s’ajouter à la liste des sujets pouvant être soumis à référendum par le Président, une lecture restrictive ayant écarté en 2013 un référendum sur le mariage pour tous.
    • n° 3 M. Le Fur rejeté Pour déclencher un référendum d’initiative partagée, cet amendement voulait abaisser le nombre de soutiens citoyens requis d’un dixième des électeurs, soit environ 4,7 millions, à un seuil fixe d’un million de personnes.
    • n° 164 M. Lagarde rejeté Chaque deuxième dimanche d’octobre, une journée de référendums d’initiative citoyenne aurait été organisée avec cet amendement, à partir de propositions réunissant au moins deux millions de signatures et le soutien de trente parlementaires.
    • n° 393 M. Ravier rejeté En remplaçant un mot dans la Constitution, cet amendement voulait rendre la fonction de ministre incompatible avec tout mandat électoral, et non plus seulement avec un mandat parlementaire, au motif d’un agenda ministériel très chargé.
    • n° 342 M. Benassaya rejeté Un membre du Gouvernement n’aurait plus pu, avec cet amendement, exercer en même temps une fonction exécutive locale ou présider une assemblée locale, la fonction ministérielle devant selon son auteur s’exercer à temps plein.
    • n° 27 M. Le Fur rejeté Le mode de scrutin des députés, le scrutin uninominal majoritaire à deux tours, aurait été gravé dans la Constitution par cet amendement, une loi organique en fixant les conditions d’application.
    • n° 277 M. Lambert rejeté Une part des députés aurait été élue à la proportionnelle avec cet amendement d’appel, que son auteur présentait comme un moyen d’ouvrir le débat sur une meilleure représentation de tous les électeurs.
    • n° 154 M. Leseul SOC rejeté Le crime d’écocide, défini comme une atteinte grave portée à l’environnement et aux écosystèmes, aurait fait son entrée dans la Constitution avec cet amendement, afin de protéger les biens communs et l’habitabilité de la Terre.
    • n° 252 M. Potier SOC rejeté La loi aurait dû, selon cet amendement, garantir que le droit de propriété et la liberté d’entreprendre respectent l’environnement et les biens communs, et fixer les cas où ces libertés peuvent être limitées.
    • n° 219 Mme Santiago SOC rejeté Chaque assemblée parlementaire aurait dû se doter, avec cet amendement, d’une délégation consacrée à la protection de l’enfance et de la jeunesse, inscrite dans la Constitution pour garantir juridiquement son existence.
    • n° 402 M. Aubert rejeté Cet amendement voulait limiter la primauté des traités internationaux aux seules lois plus anciennes qu’eux, afin qu’une loi votée après un traité puisse, selon son auteur, prévaloir sur celui-ci au nom de la souveraineté nationale.
    • n° 251 M. Leseul SOC rejeté Un Défenseur de l’environnement, autorité constitutionnelle indépendante veillant à la préservation de la nature par l’État, les collectivités et les acteurs privés, aurait été créé par cet amendement, sur le modèle du Défenseur des droits.
    • n° 48 M. Aubert rejeté Dans le projet de révision constitutionnelle, ce sous-amendement voulait écrire que la France « préserve » l’environnement plutôt qu’elle en « garantit la préservation », une formule que son auteur jugeait moins contraignante pour les pouvoirs publics.

Articles du texte adopté et votes internes : données officielles de l'Assemblée nationale. Les résumés d'articles et de chaque amendement sont rédigés à partir du texte, puis vérifiés.

Pour aller plus loin

Le blog de l'auteur point de vue